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Sénégal-Maroc : la CAF tente d’éteindre l’incendie

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La Confédération africaine de football (CAF) tente de reprendre la main. Au cœur d’une polémique sans précédent, son président, Patrice Motsepe, est enfin sorti de sa réserve. Dans une vidéo de plus de six minutes, le dirigeant sud-africain s’est exprimé pour calmer les tensions, alors que le Sénégal dénonce un complot après la perte de son titre au profit du Maroc.

Le message adressé à Dakar est clair. La CAF invite au respect des procédures et ouvre la voie à un recours. « Chacune des 54 nations africaines a le droit d’exercer les recours nécessaires pour défendre ses intérêts. Nous nous conformerons et respecterons la décision qui sera prise au plus haut niveau », a-t-il assuré. Une déclaration qui renforce le rôle du Tribunal arbitral du sport, désormais au centre du dossier.

Dans le même temps, le président de la CAF insiste sur un principe fondamental d’équité. « Aucun pays africain ne sera traité d’une manière plus privilégiée, plus avantageuse ou plus favorable qu’un autre pays du continent africain. » Une tentative d’apaisement, alors que les accusations de favoritisme et de corruption se multiplient.

Pour défendre l’institution, Motsepe met en avant l’indépendance des organes judiciaires. « Leur indépendance se reflète dans les décisions prises par les deux instances. La commission de discipline de la CAF, une seule instance, a pris une seule décision. La commission d’appel de la CAF a adopté une position totalement différente », s’est-il félicité. Selon lui, cette divergence prouve l’autonomie des juges.

Mais le malaise demeure. Comment deux instances peuvent-elles aboutir à des conclusions aussi opposées ? Là où la commission de discipline avait infligé des amendes, la commission d’appel a renversé le résultat final.

Motsepe reconnaît toutefois l’ampleur du choc. « L’élément le plus important concernant ce qui s’est produit lors de ce match est que cela compromet le travail considérable accompli par la CAF pendant de nombreuses années… », a-t-il déclaré, évoquant un « héritage du passé » marqué par la méfiance.

Pendant ce temps, le Sénégal réclame une enquête internationale sur des « soupçons de corruption ». Une accusation à laquelle la CAF n’a pas encore répondu directement.

La bataille est désormais judiciaire. Entre crise de confiance et exigence de transparence, la CAF joue sa crédibilité. Le verdict final reviendra au TAS. Mais une chose est sûre : cette affaire laissera des traces durables dans le football africain.