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Tentative de coup d’État au Bénin : cinq ans de prison requis contre un journaliste

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L’affaire continue de faire grand bruit au Bénin. Près de deux mois après la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025, la justice poursuit son travail. Mardi 3 février 2026, la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a examiné le dossier de deux prévenus. Un journaliste et un policier. Tous deux sont poursuivis pour apologie de crime contre la sûreté de l’État, incitation à la haine par voie numérique et incitation à la rébellion.

Le ministère public a frappé fort. Il a requis cinq ans de prison ferme contre chacun des accusés, assortis d’amendes. Pour le parquet spécial, les faits sont graves. Ils touchent directement à la stabilité de l’État et à la sécurité nationale. Le verdict est attendu le 24 mars 2026, date fixée pour la prochaine audience.

Au cœur du dossier, des publications diffusées sur les réseaux sociaux. Le journaliste est accusé d’avoir relayé un texte annonçant la prise de pouvoir par des mutins. Un message interprété par l’accusation comme un soutien explicite aux auteurs du putsch avorté. Le policier, de son côté, est poursuivi pour des commentaires jugés favorables à la tentative de renversement du régime en place.

Devant la cour, le journaliste a fermement rejeté toute intention de soutenir les putschistes. Il affirme avoir agi sous la contrainte. Selon ses déclarations, il aurait reçu des menaces deux jours avant les événements. Un inconnu l’aurait approché, lui indiquant qu’il le lisait régulièrement et qu’il ferait partie des personnes à éliminer du pays.

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Lorsque l’information du coup d’État est apparue sur la télévision nationale, le journaliste dit avoir fait le lien avec ces menaces. Craignant pour sa sécurité et celle de sa famille, il explique s’être empressé de publier l’information. Une réaction dictée, selon lui, par la peur et non par l’adhésion à une entreprise insurrectionnelle.

Interrogé par la présidente des céans sur l’absence de plainte, il a répondu que les menaces à l’encontre des professionnels des médias sont récurrentes. Porter plainte à chaque fois serait, selon lui, irréaliste et pesant pour les forces de l’ordre. Il a également précisé avoir simplement relayé des déclarations diffusées à la télévision nationale le jour des faits, sans jamais soutenir les auteurs du putsch.

Ce procès s’inscrit dans un climat judiciaire tendu. Depuis décembre 2025, plusieurs procédures ont été ouvertes contre des personnes accusées d’avoir fait l’apologie du coup d’État déjoué. Une période scrutée de près par l’opinion publique.

Au-delà des peines requises, ce dossier pose la question sensible de la responsabilité des acteurs de l’information en période de crise. Entre liberté d’expression, sécurité personnelle et stabilité de l’État, la justice béninoise est appelée à trancher un débat aux enjeux majeurs pour la démocratie et l’État de droit.