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Togo : bientôt, des détenus aux champs dans le cadre d’une réforme pénitentiaire

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Au Togo, les établissements pénitentiaires arrivent à un point de saturation critique. La surpopulation carcérale, persistante et structurelle, met à rude épreuve les conditions de détention et les efforts de réinsertion. Pour y répondre, les autorités esquissent une approche novatrice : orienter des détenus volontaires vers le travail agricole en zone rurale, une initiative audacieuse, à la croisée de la justice sociale, de la sécurité alimentaire et de la dignité humaine.

Dans les grandes prisons du pays, l’exiguïté des cellules complique la gestion quotidienne et accentue les tensions. Face à cette réalité, la Direction de l’administration pénitentiaire et de la réinsertion (DAPR) réfléchit à une réforme qui rompt avec une vision strictement punitive de la peine. Selon IMPARTIAL ACTU, le projet s’inscrit dans une philosophie rénovée, où l’enfermement laisse place à une logique de responsabilisation.

L’idée est claire. Proposer à des détenus volontaires d’intégrer des exploitations agricoles structurées, sous la supervision d’agents pénitentiaires. Ils y apprendraient les bases d’un métier durable, tout en contribuant à la production de denrées essentielles. « Il s’agirait d’une peine à caractère correctif, orientée vers l’acquisition de compétences utiles après la détention », explique Adrissou Akibou, directeur de la DAPR.

Au-delà de l’aspect productif, le programme vise une restauration progressive de l’estime de soi. Le travail de la terre devient un levier d’autonomie, un apprentissage de la discipline et un moyen de préparer la réinsertion. Dans un pays où l’agriculture demeure un pilier économique, cette orientation répond également aux enjeux de souveraineté alimentaire.

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Les obstacles demeurent toutefois nombreux. L’éloignement des sites agricoles impose une logistique rigoureuse. La surveillance en milieu ouvert nécessite un encadrement renforcé et des effectifs supplémentaires. Le financement constitue enfin un défi majeur. « La solution est bonne, mais pas aussi simple qu’on pourrait le croire », reconnaît Adrissou Akibou.

Inspirée d’expériences internationales, cette réforme pourrait néanmoins ouvrir une nouvelle ère, une justice plus humaine, plus constructive où la peine devient un temps de reconstruction au service de l’individu et du développement local.