header image

Togo : le MMLK interpelle les Églises sur les nuisances sonores

0
5

Après les sacrifices déposés aux carrefours du Grand Lomé, le Mouvement Martin Luther King (MMLK) s’attaque aux nuisances sonores liées aux activités religieuses. Dans un communiqué publié le 13 octobre 2026, l’organisation présidée par le pasteur Edoh K. Komi appelle les Églises et les autres lieux de culte à concilier ferveur spirituelle, respect du voisinage et cohabitation pacifique entre les confessions religieuses.

La liberté de culte ne saurait justifier toutes les nuisances. C’est, en substance, le message que porte le Mouvement Martin Luther King – La Voix des Sans-Voix dans son communiqué de presse n°11/2026. Après avoir dénoncé, dans une précédente sortie, les paniers et calebasses de sacrifices abandonnés aux carrefours du Grand Lomé, l’organisation élargit son plaidoyer à la pollution sonore provoquée par certaines activités religieuses.

Le MMLK entend ainsi poursuivre sa réflexion sur la cohabitation pacifique des croyances et le respect de l’espace public. L’organisation tient toutefois à saluer les efforts de la Direction des cultes pour réguler et réduire les nuisances sonores dans les lieux de culte au Togo.

Se présentant comme une organisation de défense des droits de l’homme et d’obédience chrétienne, le mouvement estime qu’il serait incohérent de dénoncer l’insalubrité dans les rues tout en fermant les yeux sur les bruits excessifs qui perturbent la tranquillité des populations.

La ferveur religieuse à l’épreuve du respect du voisinage

Le MMLK ne remet pas en cause la liberté d’évangélisation. Il rappelle au contraire l’importance de cette mission dans la foi chrétienne, en se référant notamment à l’Évangile selon Matthieu 28:19. Mais, insiste-t-il, la prédication doit s’exercer dans l’ordre, le respect et l’amour du prochain.

Pour étayer son argumentaire, l’organisation invoque également les textes bibliques, notamment 1 Corinthiens 14 :40, qui appelle à ce que toute chose se fasse avec bienséance et dans l’ordre, ainsi que Romains 12 :18, qui exhorte les croyants à rechercher la paix avec tous.

Le mouvement pointe particulièrement les veillées de prière nocturnes, les programmes organisés dès 4 heures du matin et les campagnes d’évangélisation dans les quartiers à l’aide de mégaphones puissants. Ces pratiques, lorsqu’elles s’accompagnent d’un volume sonore excessif, peuvent priver les riverains de sommeil et perturber leurs activités quotidiennes.

« Comment gagner une âme pour Christ si avant même de l’écouter, nous l’avons déjà agressée par un volume assourdissant à 4 heures du matin ? », interroge le MMLK.

L’organisation souligne également les conséquences de ces nuisances pour les personnes malades, les travailleurs et les fidèles d’autres religions, notamment les musulmans et les adeptes des religions traditionnelles. Elle estime que l’évangélisation ne peut se faire au détriment de la tranquillité d’autrui.

« L’Évangile est une Bonne Nouvelle, pas une nuisance sonore », martèle le mouvement, pour qui la puissance du message religieux ne se mesure pas au nombre de décibels.

Des mesures concrètes réclamées aux responsables religieux

Face à cette situation, le MMLK invite les Églises, quelle que soit leur taille, ainsi que les autres lieux de culte, à procéder à un examen de conscience sur l’utilisation de leurs équipements sonores. Il les encourage notamment à mieux régler leur sonorisation intérieure, à investir dans l’insonorisation de leurs bâtiments et à orienter les haut-parleurs vers l’intérieur des temples plutôt que vers les habitations voisines.

Au-delà de la responsabilité individuelle des responsables religieux, le mouvement sollicite une nouvelle concertation entre les autorités compétentes et les organisations faîtières des Églises. L’objectif serait de définir, de manière concertée, un code de bonne conduite encadrant l’utilisation du son lors des activités religieuses et de l’évangélisation de proximité.

Le MMLK appelle également à l’application de sanctions contre les personnes qui persistent à enfreindre la réglementation en vigueur. Une exigence qui, selon l’organisation, doit contribuer à préserver la paix sociale sans porter atteinte à la liberté de religion.

Une foi qui respecte les autres

Pour le pasteur Edoh K. Komi, la lutte contre les nuisances sonores ne constitue pas une remise en cause de la foi chrétienne, mais une invitation à mieux traduire ses valeurs dans les comportements quotidiens.

Le mouvement revendique son attachement au christianisme tout en rappelant que l’amour du prochain doit précéder et accompagner la prédication. Empêcher un voisin de dormir ou de se reposer au nom de la foi apparaît, à ses yeux, contraire à cet impératif.

À travers cette nouvelle interpellation, le MMLK place ainsi la responsabilité des lieux de culte au cœur du débat sur le vivre-ensemble. Son message est clair : la liberté de prier, de célébrer et d’évangéliser doit pouvoir s’exercer sans compromettre les droits des autres citoyens à la tranquillité et au repos.

Pour le MMLK, la cohabitation religieuse pacifique passe aussi par une meilleure maîtrise du bruit. Une foi respectueuse des autres, conclut le mouvement, est une foi qui peut davantage les gagner.