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Togo : le MMLK plaide pour de meilleures conditions de travail des magistrats

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Dans un communiqué publié le 22 octobre 2025, le Mouvement Martin Luther King (MMLK) plaide en faveur des magistrats togolais. L’organisation dénonce leurs conditions de travail précaires et appelle les autorités à des actions urgentes pour moderniser la justice.

Selon le MMLK, la réforme engagée depuis plusieurs années « se heurte à de sérieuses difficultés », notamment le manque d’équipements et de ressources. Les magistrats, pourtant en première ligne, travaillent « sans véhicules administratifs, sans sécurité et souvent sans moyens adaptés ».

Le mouvement rappelle que ces acteurs sont essentiels au bon fonctionnement de l’État de droit. « Les présidents des tribunaux, les procureurs et les juges d’instruction sont les garants de la justice et doivent bénéficier d’une attention particulière », souligne le communiqué.

Dans plusieurs juridictions du pays, la situation devient critique. Faute de moyens logistiques, les magistrats se déplacent souvent avec leurs propres véhicules pour effectuer leurs missions, alors que les officiers de police judiciaire disposent de voitures administratives. Un paradoxe que le MMLK juge « injuste et humiliant ».

La question de la sécurité des magistrats est également mise en avant. Le mouvement s’interroge : « Comment des juges qui traitent des dossiers de terrorisme ou de grand banditisme peuvent-ils être laissés sans protection ? ». Les audiences se terminent parfois tard dans la nuit, obligeant les magistrats à rentrer seuls, au risque d’être exposés à des représailles.

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Le MMLK regrette par ailleurs que les chefs de juridiction ne bénéficient de véhicules et d’agents de sécurité « que pendant les élections », avant qu’on ne les leur retire aussitôt après. Une situation que le mouvement juge « inacceptable ».

Sur le plan structurel, la réforme judiciaire de 2019 n’a pas apporté les résultats escomptés. Les parquets sont désormais éloignés des commissariats, rendant le contrôle des enquêtes difficile. Le MMLK déplore aussi « la non-tenue régulière des audiences d’assises », rappelant que la dernière session dans le ressort de la Cour d’appel de Kara remonte à février 2022.

Conséquence : des dizaines de dossiers restent en attente, violant le droit des justiciables à un jugement dans un délai raisonnable. « Le droit à la justice est gravement bafoué », alerte l’organisation.

Enfin, le MMLK souligne que les juridictions et les prisons civiles « ne disposent pas de moyens de transport pour les déferrements ou transferts de détenus ». Dans certains cas, les victimes doivent même « payer les frais de déplacement des prévenus », une pratique jugée indigne d’un système judiciaire moderne.

Face à cette situation, le mouvement appelle les autorités à « agir rapidement » pour équiper les juridictions, sécuriser les magistrats et rendre la justice plus efficace.

Pour le MMLK, la modernisation de la justice togolaise passe avant tout par de meilleures conditions de travail pour ses acteurs. « Il ne peut y avoir de justice équitable sans moyens adéquats », rappelle le mouvement, qui exhorte le gouvernement à faire de la justice une véritable priorité nationale.