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Togo : l’élection des maires, entre compromis et rivalités partisanes ?

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Les regards se tournent désormais vers les 2, 3 et 4 septembre, dates retenues pour l’élection des maires et de leurs adjoints. Après les municipales qui ont permis de désigner les conseillers, l’enjeu change de niveau : il ne s’agit plus seulement de représenter une circonscription, mais de prendre la tête des communes, véritables relais de la gouvernance locale. Une question domine : les clivages politiques persistants céderont-ils la place à des compromis capables de redessiner l’échiquier municipal ?

Dans ce contexte, les forces en présence avancent avec prudence. Les partis disposant d’une majorité de conseillers locaux semblent assurés de conserver la main sur la direction des mairies. Mais pour d’autres formations, moins bien représentées, l’épreuve s’annonce décisive. Sans alliances, leurs ambitions pourraient se briser sur le mur de l’arithmétique électorale. Ces acteurs n’ont donc d’autre choix que de se tourner vers d’éventuels partenaires, parfois au sein même d’une opposition où les rivalités demeurent vives.

« C’est un moment décisif, il faut une négociation pour l’équité dans la gestion locale », soutient un observateur averti. Selon lui, l’élection des maires ne doit pas être réduite à une simple bataille d’influence entre partis, mais plutôt à une recherche de consensus pour garantir une gouvernance équilibrée et inclusive.

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Il insiste sur la nécessité pour les acteurs politiques de dépasser les rancunes et divisions héritées des scrutins passés. « Même si hier vous avez eu des problèmes ou des divisions, poursuit-il, il est l’heure d’aller ensemble au nom de l’intérêt de la nation. »

Or, l’histoire politique du Togo l’a suffisamment montré : les alliances se font et se défont au gré des calculs stratégiques. La méfiance reste forte, même entre formations censées partager une ligne d’opposition. Dès lors, un dilemme s’impose : faut-il privilégier la logique partisane, quitte à accentuer les divisions, ou bien accepter des compromis permettant à des conseillers isolés de briguer la fonction de maire ?

Cette équation met en lumière un enjeu plus large. La gouvernance locale ne devrait pas être prisonnière des querelles partisanes. Elle exige, au contraire, une capacité de dépassement afin de placer l’intérêt collectif au centre des décisions. Les communes, espaces de proximité et de services essentiels, ont besoin d’équipes dirigeantes stables, capables de conjuguer efficacité et représentativité.

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À l’heure où les conseillers s’apprêtent à voter, l’avenir des mairies togolaises dépendra donc de la maturité politique des acteurs. Saura-t-on transcender les rivalités pour bâtir des coalitions utiles aux citoyens ? Ou bien assistera-t-on à une reproduction des fractures, au risque de fragiliser la gouvernance locale ? L’élection des maires, au-delà d’un simple enjeu de pouvoir, apparaît comme un test de responsabilité et de vision pour la classe politique.