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Togo : l’urgence d’une éducation pour tous

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Le système éducatif togolais est confronté à un dilemme majeur. La croissance démographique exponentielle amplifie la demande en établissements scolaires, enseignants et ressources pédagogiques. Face à cette pression, le gouvernement déploie des efforts considérables : construction et réhabilitation d’écoles, recrutement massif d’enseignants, dotation en manuels et équipements scolaires. Ces initiatives traduisent une volonté politique indéniable, mais restent insuffisantes face à l’ampleur des besoins.

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La jeunesse des élèves admis au BEPC, parfois âgés de 11 à 13 ans, révèle les contradictions du système. Trop jeunes pour supporter les exigences du secondaire, ils affrontent des trajets longs et coûteux, générant stress, fatigue et risques accrus pour leur bien-être. Les familles, déjà confrontées à ces contraintes, doivent supporter des charges financières supplémentaires.

Les filles sont les premières victimes de cette situation. L’éloignement des établissements secondaires les expose à l’abandon scolaire, aux violences et aux mariages précoces. Les pressions socioculturelles et la prétendue « protection » invoquée par certaines familles aggravent les inégalités de genre. Ainsi, malgré les politiques de promotion de l’éducation féminine, le vécu dans les communautés reste éloigné des discours officiels.

Le gouvernement a engagé des mesures importantes : recrutement de près de 5 000 enseignants cette année, distribution massive de manuels, extension des cantines et construction de 15 nouvelles salles de classe. Ces actions, bien que louables, ne constituent que la première étape d’une réponse durable. Pour répondre efficacement, il faut rapprocher les écoles des communautés, sécuriser les déplacements des élèves et aménager des espaces scolaires accueillants, adaptés aux réalités locales.

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Reporter les mesures au nom d’une école idéale serait un luxe inacceptable. Gouverner, c’est arbitrer et agir dans l’immédiat pour protéger l’avenir. L’Etat doit garantir des conditions minimales : bâtiments provisoires, équipements essentiels, programmes modernisés et horaires adaptés. Ces efforts doivent s’inscrire dans une logique de consolidation progressive et d’amélioration continue.

L’éducation des enfants togolais n’est pas un choix différable. Elle constitue une urgence nationale, un impératif moral et un devoir de gouvernance. Offrir à chaque enfant une éducation accessible, sûre et de qualité est la condition sine qua non pour construire un avenir stable et équitable.