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Togo : un nouveau comité pour promouvoir la liberté d’expression

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Une avancée significative vient renforcer la sécurité des journalistes au Togo. Vendredi 14 novembre 2025, un dispositif inédit consacré à la défense de la liberté d’expression et à la sécurité des acteurs des médias a officiellement été lancé à Lomé. Une avancée attendue dans un contexte où les professionnels de l’information travaillent encore sous pression.

Ce nouvel outil, le Comité de protection des journalistes et défenseurs des droits humains (CPJDDH), s’inscrit dans le vaste projet « Promouvoir la liberté d’expression et des médias et protéger les défenseurs des droits de l’homme ». Un programme financé par l’Union européenne et piloté depuis 2023 par l’Observatoire togolais des médias (OTM), avec l’appui de l’Institut Panos Afrique de l’Ouest et de FAMEDEV. L’objectif est clair : renforcer la liberté de la presse et garantir la sécurité de ceux qui informent au quotidien.

Lors de la cérémonie, journalistes, organisations de la société civile et partenaires techniques ont salué une avancée nécessaire. Car au Togo, la liberté d’expression reste fragile. « Vous le savez, la liberté d’expression est un pilier de toute démocratie… cette liberté a été fragilisée par le harcèlement, les intimidations et les poursuites judiciaires », a rappelé Fabrice Petchezi, président de l’OTM. En 2025, le pays se situait à la 121ᵉ place du classement mondial de la liberté de la presse de RSF, un signal d’alerte qui, selon lui, « rappelle l’urgence d’agir ».

Le CPJDDH se dote ainsi de missions précises : observer et documenter les violations, notamment via l’application de monitoring M2D intégrée à la plateforme Togo Watch ; émettre des alertes de sécurité ; mener un plaidoyer actif en faveur des journalistes menacés ou détenus ; analyser la viabilité économique des médias et publier des rapports réguliers sur la situation nationale.

Son président, Sylvestre Bénie, insiste : le Comité n’est pas un contre-pouvoir. « Nous ne venons pas en opposition au pouvoir public. Le Comité vient plutôt en appui pour une meilleure protection des hommes de médias et des défenseurs des droits humains », a-t-il expliqué. Grâce à une plateforme dédiée, toute violation peut désormais être signalée, permettant des actions rapides et ciblées.

Dans un pays où journalistes et défenseurs des droits humains restent exposés aux pressions, ce Comité apparaît comme un levier essentiel pour consolider l’État de droit. Les organisations qui composent son ossature – OTM, UJIT, CACIT, Amnesty International Togo, RSF Togo, URATEL, SYNJIT, CONAPP, entre autres – portent désormais la responsabilité collective d’un suivi constant.

La mise en place du CPJDDH marque une étape structurante pour la liberté d’expression au Togo. En offrant un cadre de protection, de veille et de plaidoyer, le pays se dote d’un instrument crédible pour défendre ceux qui informent et qui veillent au respect des droits humains. Un engagement indispensable pour renforcer la transparence et nourrir la confiance démocratique.