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TV5 Monde exclue du paysage audiovisuel malien

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Au Mali, un nouvel épisode vient marquer la relation tendue entre les autorités de transition et les médias internationaux. Ce mardi 13 mai 2025, la chaîne francophone TV5 Monde a été brutalement retirée des écrans. Une mesure qui relance le débat sur la liberté d’informer dans un contexte politique sous haute surveillance.

La Haute Autorité de la Communication (HAC) a exigé la cessation de la diffusion de TV5 Monde sur l’ensemble du territoire malien. Cette injonction, bien que rendue publique le 13 mai, avait été décidée dès le 9 mai, comme le révèle une note adressée aux opérateurs de diffusion. La HAC reproche à la chaîne un journal télévisé diffusé le 3 mai, qui abordait les protestations populaires survenues à Bamako à la suite de la suspension de la charte des partis politiques.

Dans ce reportage, TV5 Monde avait relayé les voix de manifestants dénonçant une transition militaire prolongée sans échéance électorale claire, ainsi que l’affaiblissement de la vie politique. Les autorités maliennes accusent la chaîne de livrer un récit « partial », d’avoir « diffamé les forces armées et de sécurité » et de s’être affranchie des « principes d’équilibre et d’éthique professionnelle ».

L’affirmation selon laquelle les forces de l’ordre auraient bloqué l’accès au lieu de rassemblement, ce qui contredit la version officielle évoquant une présence policière limitée à la « sécurisation des manifestants ». Cette divergence de récit est au cœur de la justification de la suspension.

La sanction infligée à TV5 Monde n’est pas une première. Déjà suspendue en septembre 2024 pour une période de trois mois, la chaîne rejoint un groupe de médias internationaux bannis du Mali. France 2, LCI, mais surtout RFI et France 24, sont exclus depuis mars 2022 pour avoir diffusé des enquêtes sur de possibles exactions de l’armée malienne et de ses alliés russes du groupe Wagner.

Cette nouvelle exclusion confirme une ligne directrice de la junte. Verrouiller l’espace médiatique pour réduire les voix critiques à la transition, tout en mettant en avant les médias nationaux jugés fidèles au pouvoir. Joliba TV, média local lui-même suspendu durant six mois, s’apprête d’ailleurs à reprendre ses émissions d’ici la fin du mois.