Universalité des droits humains : le MMLK met l’Occident face à ses contradictions

Le débat sur l’universalité des droits humains refait surface au Togo. Dans une lettre ouverte adressée notamment à Human Rights Watch, Amnesty International et à la Fédération internationale pour les droits humains, le Mouvement Martin Luther King (MMLK) appelle les organisations occidentales de défense des droits humains à adopter une lecture véritablement universelle des principes qu’elles défendent.
Dans cette correspondance, signée par son président Edoh Komi, l’organisation togolaise rappelle d’abord l’essence même de son engagement. Le mouvement, explique-t-il, s’inspire directement de la philosophie de Martin Luther King Jr. et de la Déclaration universelle des droits de l’homme.
« Il y a plus de vingt ans que le Mouvement Martin Luther King est né, fondé exclusivement sur la philosophie du Dr Martin Luther King : la résistance non violente, la lutte contre le racisme et le respect de la dignité humaine », écrit le président du mouvement. Le MMLK affirme également s’appuyer sur le principe cardinal de la DUDH, rappelant que « l’article 1er “Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits” est notre référence absolue ».
Mais au-delà de ce rappel de principes, la lettre prend un ton plus critique. Le mouvement dénonce ce qu’il considère comme une application sélective des droits humains par certaines organisations occidentales. « Force est de constater que de nombreuses ONG occidentales adoptent trop souvent une approche à “deux poids, deux mesures” dans leur lecture des situations, en général, et de l’Afrique en particulier », peut-on lire dans le document.
Le MMLK insiste toutefois sur le fait que cette interpellation ne vise pas à discréditer ces institutions. « Cette interpellation n’a pas vocation à vous discréditer ni à vous livrer à la vindicte populaire. Le MMLK ne doute ni de vos compétences, ni de vos qualités », souligne la lettre, tout en appelant à une plus grande cohérence dans l’analyse des crises internationales.
L’organisation évoque notamment plusieurs situations géopolitiques, notamment le conflit en Palestine, les tensions impliquant le Venezuela ou encore celles liées à l’Iran. Elle interroge également le rôle des institutions internationales comme l’Organisation des Nations unies et son Conseil de sécurité, face à ces crises.
Au sujet de préoccupation soulevé par le mouvement : la souveraineté des États africains sur leurs ressources naturelles. Le MMLK pose la question de savoir si « un État n’est-il pas propriétaire et maître des ressources naturelles et minières dont il dispose », tout en dénonçant une perception historique selon laquelle « la mort de milliers de Noirs africains semble peser moins que celle d’un seul Occidental ».
La lettre aborde également la situation politique dans la région sahélienne, notamment l’initiative de l’Alliance des États du Sahel qui regroupe le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Selon le MMLK, ces États souverains doivent pouvoir défendre leur vision stratégique sans être systématiquement suspectés. L’organisation critique en particulier un récent rapport de Human Rights Watch sur le Burkina Faso, qu’elle qualifie de « rapport tendancieux, truffé de contre-vérités, de nature à déstabiliser les pays de l’AES ».
Au terme de sa lettre, le mouvement insiste sur la nécessité d’une approche équitable et constante des droits humains à l’échelle mondiale. « Les droits humains ne se divisent pas. Ils s’appliquent à tous, ou ils ne s’appliquent à personne », affirme le MMLK, qui se dit néanmoins disposé à poursuivre le dialogue « dans le respect mutuel et l’égalité ».












