
La cybercriminalité bancaire frappe encore en Côte d’Ivoire. Deux frères ont été interpellés par la Plateforme de Lutte contre la Cybercriminalité (PLCC) pour des virements frauduleux d’un montant total de 12 000 000 FCFA.
À l’origine de cette affaire, une prétendue mise à jour d’application bancaire. Absent du territoire national, C.B.M. reçoit une invitation à actualiser son application liée à son numéro de téléphone. En procédant à cette opération, il perd immédiatement la maîtrise de son compte. Les suspects, identifiés comme A.W.G.T. et A.G.H.T., exploitent alors la brèche.
Les investigations révèlent un procédé désormais bien connu des services spécialisés : le changement frauduleux de carte SIM. La carte de la victime aurait été désactivée illégalement. Son numéro WhatsApp, associé à son compte bancaire, a permis aux auteurs de capter les codes de validation à usage unique. Ces codes, essentiels à l’activation de l’application et à la confirmation des transactions, ont ouvert la voie aux transferts illicites.
Les mis en cause procèdent ensuite à deux virements successifs : un premier de 5 000 000 FCFA et un second de 7 000 000 FCFA. Au total, 12 000 000 FCFA soustraits en quelques instants.
Alertée, la PLCC engage une enquête technique approfondie. Les recoupements et analyses numériques conduisent à l’arrestation des deux frères. Toutefois, les enquêteurs soupçonnent l’implication d’un troisième individu, actuellement activement recherché.
Les suspects devront répondre devant le procureur de la République des faits de « changement frauduleux de carte SIM ; utilisation frauduleuse d’éléments d’identification de personnes physiques ; fraude sur compte bancaire portant sur la somme de 12 000 000 FCFA ».
Ces infractions sont prévues et réprimées par la loi nᵒ 2013-451 du 19 juin 2013 ainsi que par le règlement nᵒ 15 relatif aux systèmes de paiement dans les États membres de l’UEMOA (articles 144 et 147). Ils encourent jusqu’à trois années d’emprisonnement et une amende comprise entre 100 000 et 2 500 000 FCFA.
Cette affaire met en lumière l’ingéniosité croissante des réseaux de fraude bancaire en Côte d’Ivoire. Elle rappelle surtout l’impérieuse nécessité d’une vigilance accrue face aux demandes de mise à jour et aux manipulations liées aux cartes SIM. Dans l’univers numérique, la prudence demeure la première ligne de défense.













