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La CPI tourne la page Karim Khan : ce qui se cache derrière son éviction

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La Cour pénale internationale (CPI) traverse une nouvelle zone de turbulences. L’Assemblée des 125 États parties a décidé vendredi de mettre un terme aux fonctions de son procureur général Karim Khan, après des accusations d’agression sexuelle formulées par une ancienne collaboratrice de son équipe. Le magistrat britannique, qui rejette catégoriquement les faits qui lui sont reprochés, quitte ainsi la direction du parquet de la juridiction internationale dans un contexte particulièrement sensible.

La décision a été prise lors d’une réunion exceptionnelle organisée à huis clos au siège des Nations unies à New York. À l’issue d’un scrutin secret, 82 États membres ont voté en faveur de la fin anticipée du mandat de Karim Khan, alors que 63 voix étaient nécessaires pour valider cette mesure. Treize pays se sont prononcés pour son maintien et 15 autres ont choisi l’abstention, selon plusieurs sources diplomatiques.

Cette éviction intervient après plusieurs mois de controverse autour d’une enquête ouverte en 2024 à la suite des accusations d’une collaboratrice. En mai 2025, Karim Khan avait décidé de se retirer temporairement de ses fonctions afin de permettre le déroulement des investigations. Quelques semaines plus tard, le Bureau de l’Assemblée de la CPI, composé de 21 membres, avait annoncé sa suspension.

L’affaire a connu un nouveau rebondissement après la prise de parole publique de l’accusatrice, une avocate malaisienne présentée sous le prénom de Sarah. Dans un entretien accordé à CNN, elle affirme avoir été confrontée à « une escalade des tentatives » et souligne le poids de la relation hiérarchique qui existait entre elle et le procureur.

« Il est impossible qu’il y ait consentement quand il existe un tel déséquilibre de pouvoir. M. Khan n’était pas seulement mon patron, mais le patron de tout le monde », a-t-elle déclaré.

Âgé de 56 ans et nommé procureur de la CPI en 2021, Karim Khan a toujours contesté ces accusations. Ses avocats avaient appelé les États membres à préserver son droit à la défense, estimant que les procédures engagées contre lui n’avaient pas respecté toutes les garanties nécessaires.

Cette décision intervient alors que la CPI reste au centre de plusieurs dossiers internationaux majeurs, notamment ceux liés au conflit israélo-palestinien. Sous la direction de Karim Khan, la Cour avait délivré des mandats d’arrêt visant plusieurs responsables du Hamas ainsi que des dirigeants israéliens, une démarche qui avait suscité de vives réactions diplomatiques, notamment aux États-Unis.