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Libye : 15 ans après la mort de Kadhafi, le MMLK interpelle l’Union africaine

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Quinze ans après la mort de Mouammar Kadhafi, le Mouvement Martin Luther King (MMLK) exhorte l’Union africaine (UA) à s’impliquer davantage dans la résolution de la crise libyenne. Dans une déclaration publiée le 20 octobre 2026 à Lomé, l’organisation présidée par le pasteur Edoh Komi propose une réconciliation interlibyenne sous médiation africaine et la création d’un Jardin de la mémoire panafricaine au siège de l’UA, à Addis-Abeba.

L’Union africaine est appelée à reprendre l’initiative sur le dossier libyen. Quinze ans après la mort de Mouammar Kadhafi, survenue le 20 octobre 2011 à Syrte dans le contexte de l’intervention militaire internationale et de la chute de son régime, le Mouvement Martin Luther King (MMLK) estime que les institutions africaines doivent jouer un rôle plus déterminant dans la recherche d’une solution durable à la crise qui secoue le pays.

Dans sa déclaration commémorative du 20 octobre 2026, le mouvement de défense des droits humains dénonce les conséquences de l’intervention de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) et appelle à privilégier des réponses africaines aux crises africaines. Pour son président, le pasteur Edoh Komi, la situation libyenne demeure un enjeu majeur pour la souveraineté du continent et sa capacité à prendre en charge son propre destin.

Le MMLK veut une médiation africaine en Libye

Le mouvement demande expressément à l’Union africaine et à l’Alliance des États du Sahel (AES) de reprendre le dossier libyen et de favoriser un véritable processus de réconciliation entre les différentes composantes du pays.

Il propose que des rencontres soient organisées dans des capitales africaines, notamment Lomé, Bamako, Niamey ou Addis-Abeba, plutôt qu’à Paris, Londres ou Berlin. Le MMLK considère que les initiatives conduites dans les capitales occidentales risquent de privilégier les intérêts économiques et pétroliers des puissances étrangères au détriment d’une paix durable en Libye.

« La solution libyenne ne viendra pas de l’OTAN qui a détruit la Libye », soutient l’organisation, qui place le dialogue entre Libyens au cœur de sa démarche. Elle appelle ainsi les acteurs libyens à dépasser leurs divisions et à rechercher, avec l’appui de leurs partenaires africains, une issue politique à la crise.

Cette position repose sur une conviction défendue par le mouvement : les institutions africaines doivent disposer d’une place centrale dans le règlement des conflits qui affectent le continent.

Kadhafi, symbole d’une souveraineté africaine contestée

Pour justifier son appel, le MMLK revient sur l’héritage politique de Mouammar Kadhafi, qu’il présente comme un défenseur de l’intégration africaine et de l’indépendance économique du continent.

L’organisation met notamment en avant son engagement en faveur des États-Unis d’Afrique, son soutien financier à l’Union africaine et son projet de monnaie africaine adossée à l’or, connu sous le nom de dinar-or. Elle rappelle également les investissements réalisés sous son régime dans l’éducation, la santé et les infrastructures.

Le mouvement estime que les ambitions panafricaines de l’ancien dirigeant ont été sacrifiées lors de l’intervention internationale de 2011. Il accuse l’OTAN d’avoir utilisé la protection des civils comme justification d’une opération ayant conduit à la chute du régime libyen.

Ces accusations traduisent l’analyse politique du MMLK. La déclaration ne fournit toutefois pas de nouveaux éléments permettant d’établir les motivations qu’elle attribue aux puissances occidentales.

Quinze ans après les faits, le bilan de la crise reste au centre des préoccupations du mouvement. Il déplore la fragmentation politique de la Libye, la présence de milices et les ingérences étrangères. Il établit aussi un lien entre la dispersion des armes issues des arsenaux libyens et l’aggravation de l’insécurité au Sahel, notamment au Burkina Faso, au Mali et au Niger.

Un Jardin de la mémoire panafricaine à Addis-Abeba

Au-delà de la recherche d’une solution politique, le MMLK souhaite que l’Union africaine donne une dimension institutionnelle à la mémoire de Mouammar Kadhafi.

L’organisation propose l’érection d’un Jardin de la mémoire panafricaine au siège de l’UA, à Addis-Abeba. Ce lieu symbolique serait consacré aux personnalités panafricanistes dont les engagements ont été interrompus par des assassinats ou des circonstances tragiques.

Le premier arbre de ce jardin serait un baobab portant le nom de Mouammar Kadhafi, accompagné d’une inscription rappelant son rôle dans le financement du siège de l’Union africaine et son projet d’intégration continentale.

Pour le MMLK, cette initiative permettrait aux dirigeants africains et aux diplomates de se souvenir des sacrifices associés aux luttes pour la souveraineté du continent. Le mouvement souhaite également que l’œuvre panafricaine de l’ancien dirigeant soit davantage prise en compte dans les programmes scolaires.

Autre proposition : observer chaque année, le 20 octobre à 12 h 30, une minute de silence panafricaine en hommage à Kadhafi et aux autres figures dont les rêves d’unité africaine ont été brisés. Le mouvement invite les établissements scolaires, les universités, les lieux de culte et les institutions à s’associer à cette commémoration.

L’Union africaine face à ses responsabilités

À travers ces propositions, le MMLK place l’Union africaine devant un double enjeu : contribuer à la recherche d’une sortie de crise en Libye et raviver la réflexion sur l’intégration politique et économique du continent.

L’organisation demande également que les circonstances de la mort de Mouammar Kadhafi soient éclaircies et que les responsables éventuels répondent de leurs actes. Elle rapproche cet événement de l’arrestation de Laurent Gbagbo, le 11 avril 2011 en Côte d’Ivoire, qu’elle interprète comme un autre épisode des rapports de force autour de la souveraineté africaine.

Pour le mouvement présidé par le pasteur Edoh Komi, l’hommage à Kadhafi ne saurait se limiter à une commémoration annuelle. Il doit, selon lui, se traduire par des initiatives politiques et diplomatiques concrètes.

Quinze ans après la chute du régime libyen, le MMLK veut ainsi faire de la crise libyenne un sujet de responsabilité collective africaine. Reste à savoir quelle place l’Union africaine et les autres institutions continentales pourront effectivement prendre dans la recherche d’un règlement durable, alors que la réconciliation politique en Libye demeure un défi majeur.