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Grand Lomé : le MMLK réclame trois mois de moratoire avant les déguerpissements

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Face aux opérations de libération des emprises des voies publiques annoncées du 3 au 20 novembre 2026, le Mouvement Martin Luther King (MMLK) plaide pour un report au 31 janvier 2027. L’organisation dirigée par le pasteur Edoh Komi redoute les conséquences économiques et sociales d’une intervention à l’approche des fêtes de fin d’année.

Le Mouvement Martin Luther King (MMLK) ne conteste pas la nécessité de libérer les voies publiques dans le Grand Lomé, mais s’oppose à une exécution précipitée de cette mesure. Alors que le gouvernement a fixé au 20 novembre 2026 la date limite pour la libération des emprises occupées, l’organisation de défense des droits humains demande un moratoire de trois mois, jusqu’au 31 janvier 2027, afin de préserver les activités et les moyens de subsistance de milliers de personnes.

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Dans un communiqué de presse rendu public le 3 novembre 2026, le MMLK reconnaît le bien-fondé de l’opération de désencombrement. Le mouvement souligne notamment les difficultés de circulation occasionnées par l’occupation anarchique des espaces publics, en particulier des trottoirs. Une situation qui contraint les piétons à emprunter la chaussée et les expose à des risques d’accidents. Pour l’organisation, le respect de la loi et la préservation du domaine public ne sont donc pas négociables.

Toutefois, le président du MMLK, le pasteur Edoh K. Komi, estime que l’application de la réglementation doit également tenir compte des réalités économiques et sociales des populations concernées. Le calendrier retenu intervient en pleine période de forte activité commerciale, notamment à l’approche des fêtes de fin d’année. Pour de nombreux petits commerçants, cette période représente une occasion essentielle de rentabiliser leurs investissements et de soutenir financièrement leurs familles. Des déguerpissements immédiats risqueraient, selon le mouvement, de compromettre une année entière d’efforts et d’aggraver la précarité de ménages déjà fragilisés.

Le coût des loyers au cœur du problème

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Au-delà du calendrier, le MMLK invite les autorités à s’attaquer aux causes profondes de l’occupation des espaces publics. L’organisation pointe particulièrement la flambée des loyers commerciaux et les exigences financières imposées par certains propriétaires de boutiques et de magasins.

Le mouvement dénonce notamment les pratiques consistant à réclamer des cautions allant d’un à deux ans, alors que la législation togolaise encadre cette garantie à trois mois au maximum. Une situation que le MMLK considère comme une violation de la réglementation et un facteur qui pousse de nombreux commerçants à exercer leurs activités dans la rue, faute de moyens pour accéder à des locaux commerciaux.

Pour sortir durablement de cette situation, le mouvement appelle donc le gouvernement à mettre à profit les trois mois supplémentaires sollicités pour faire respecter les dispositions légales relatives aux cautions locatives, identifier et aménager des sites de recasement viables et financièrement accessibles, mais aussi intensifier les campagnes de sensibilisation et d’information à l’endroit des occupants.

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Concilier ordre public et justice sociale

Le MMLK ne réclame pas le maintien indéfini des installations anarchiques sur le domaine public. Il reconnaît que les occupants concernés doivent se conformer aux exigences de la réglementation. Mais il estime que la fermeté des pouvoirs publics doit aller de pair avec des solutions concrètes de réinstallation et des mesures d’accompagnement.

« Le désencombrement, oui. Mais pas dans la précipitation et pas à 45 jours des fêtes de fin d’année », résume le mouvement dans son communiqué.

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À travers ce plaidoyer, le MMLK place les autorités devant un double impératif : rétablir l’ordre dans l’occupation du domaine public tout en évitant que cette opération ne se traduise par une aggravation de la vulnérabilité économique des petits commerçants.

Reste à savoir si le gouvernement acceptera de revoir son calendrier et d’accorder ce délai supplémentaire. Pour le mouvement de Pasteur Edoh K. Komi, la réussite du désencombrement ne saurait se mesurer uniquement au nombre d’installations démantelées, mais également à la capacité des pouvoirs publics à proposer des alternatives aux populations concernées.