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Assurance santé : le plaidoyer de Jean-Marie Koffi Tessi pour une couverture plus inclusive

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L’extension de l’assurance maladie en Afrique ne pourra se faire sans des marchés financièrement solides, des mécanismes de prise en charge efficaces et une meilleure inclusion des populations vulnérables. C’est le message porté par le ministre togolais de la Santé et des Assurances, Jean-Marie Koffi Tessi, à l’ouverture du Symposium continental sur l’assurance santé à Lomé. Devant plus d’une centaine de décideurs, assureurs et régulateurs réunis à l’initiative de la Fédération des sociétés d’assurances de droit national africaines (FANAF), il a présenté les orientations du Togo pour construire un système de couverture maladie à la fois accessible et économiquement viable.

Au cœur de cette stratégie figure l’Assurance maladie universelle (AMU), considérée comme un levier essentiel de protection sociale. Pour le ministre, l’expérience togolaise démontre que l’élargissement de l’accès aux soins exige une articulation cohérente entre les pouvoirs publics et les opérateurs privés. Un partenariat public-privé (PPP) suffisamment structuré permettrait notamment de mieux prendre en charge les catégories les plus exposées, en particulier les travailleurs du secteur informel et les populations rurales, encore confrontés à d’importantes difficultés d’accès aux dispositifs de couverture maladie.

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Le Togo entend ainsi faire de ses réformes un point d’appui pour les réflexions continentales. L’organisation du symposium à Lomé, suivie de la prochaine grande conférence consacrée à la Couverture sanitaire universelle (CSU), illustre, selon les orientations défendues par le ministre, l’ambition du pays de contribuer activement à la transformation des systèmes d’assurance en Afrique de l’Ouest.

La discipline financière, condition de survie des marchés

Mais l’élargissement de la couverture maladie ne saurait reposer uniquement sur des ambitions sociales. Il suppose également des compagnies d’assurances capables d’honorer durablement leurs engagements. Sur ce point, Jean-Marie Koffi Tessi a insisté sur la nécessité d’assainir les pratiques financières dans l’espace de la Conférence interafricaine des marchés d’assurances (CIMA).

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Le ministre a notamment appelé à une application rigoureuse de l’article 13 du Code CIMA, relatif au paiement comptant des primes d’assurance. Le respect de cette disposition constitue, à ses yeux, un impératif pour préserver la trésorerie des compagnies et leur permettre de régler les prestations dans des délais raisonnables. Derrière cette exigence réglementaire se joue une question de confiance : les assurés doivent pouvoir compter sur une prise en charge effective lorsqu’ils sollicitent leurs garanties.

La modernisation des mécanismes de gestion constitue un autre chantier prioritaire. Le ministre a encouragé les acteurs à accélérer la digitalisation des systèmes de tiers payant. L’objectif est double : limiter les risques de fraude et réduire les lourdeurs administratives qui compliquent les relations entre les assurés, les compagnies d’assurances et les prestataires de soins. Une chaîne de prise en charge plus fluide contribuerait ainsi à améliorer la qualité du service et à renforcer la crédibilité de l’assurance santé.

Une feuille de route africaine pour 2027-2030

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Pour étayer son plaidoyer, le ministre a également mis en avant le dynamisme du marché togolais de l’assurance, dont le chiffre d’affaires dépasse 87 milliards de FCFA. Ces performances constituent, selon les éléments présentés, un socle sur lequel le pays entend s’appuyer pour promouvoir un modèle conciliant développement du marché, rigueur de gestion et protection sociale.

Les échanges engagés à Lomé doivent désormais déboucher sur des orientations concrètes. Régulateurs, notamment la CIMA, représentants des ministères, assureurs et professionnels de la santé travaillent à l’élaboration de la Feuille de route 2027-2030 des marchés africains de l’assurance santé.

Ce document stratégique constituera le principal livrable du symposium. Il devra définir les priorités et les actions à conduire au cours des quatre prochaines années pour renforcer les mécanismes de couverture maladie sur le continent.

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Au-delà des déclarations d’intention, l’enjeu est de construire des marchés capables de concilier équilibre économique des compagnies, qualité des prestations et accessibilité des soins. À Lomé, les discussions placent ainsi les acteurs africains devant une équation déterminante : étendre la protection sanitaire sans fragiliser les mécanismes financiers qui doivent la soutenir.