
Kemi Seba
L’ombre d’une extradition vers le Bénin ravive les inquiétudes de Kemi Seba. L’influenceur panafricaniste, arrêté en Afrique du Sud depuis mi-avril, a affirmé lundi 11 mai devant un tribunal de Pretoria craindre pour sa sécurité personnelle s’il devait être renvoyé dans son pays d’origine. Accusé par les autorités béninoises d’avoir soutenu une tentative de coup d’État en décembre dernier, l’activiste assure être confronté à une menace qu’il juge imminente.
Devant la juridiction sud-africaine appelée à examiner sa demande de remise en liberté provisoire, Kemi Seba, de son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi, a défendu sa position en invoquant des raisons sécuritaires et politiques. Âgé de 44 ans, il affirme ne plus avoir remis les pieds au Bénin depuis mai 2024, soutenant que son retour l’exposerait à des représailles.
« Je nourris la crainte, pas seulement perçue mais bien réelle, que ma vie serait en danger si je devais retourner au Bénin avec les autorités actuelles », a indiqué Kemi Seba dans une déclaration sous serment lue devant le tribunal par son avocat Bill Kobras. À travers cette déclaration, l’activiste met en avant ce qu’il considère comme une persécution politique, un argument central de sa défense dans cette procédure judiciaire sensible.
Cette comparution intervient dans un contexte particulièrement tendu. Figure controversée du panafricanisme et dirigeant de l’ONG « Urgences panafricanistes », Kemi Seba s’est illustré ces dernières années par ses prises de position virulentes contre la France ainsi que contre certains régimes africains considérés comme proches de Paris. Le 7 décembre dernier, alors qu’une tentative avortée de coup d’État visait le président béninois Patrice Talon, il avait publiquement salué ce qu’il qualifiait de « jour de la libération » du Bénin, des propos qui ont davantage crispé ses relations avec les autorités de son pays.
Extradition de Kemi Seba vers le Bénin : la CRIET clarifie la situation
Quelques jours après cet épisode, Cotonou avait émis un mandat d’arrêt international contre l’activiste. Déchu de sa nationalité française en 2024, celui qui dispose désormais d’un passeport diplomatique nigérien accordé par les autorités militaires du Niger cherche aujourd’hui une issue juridique à sa situation.
Arrêté en Afrique du Sud alors qu’il s’apprêtait à quitter discrètement le territoire en compagnie de son fils âgé de 18 ans et de François van der Merwe, dirigeant d’un groupe identitaire afrikaner, Kemi Seba est également poursuivi pour dépassement de visa. Toutefois, ses avocats soutiennent que cette situation migratoire devrait être appréciée sous un autre angle.
Selon sa défense, « [son] dépassement de visa devrait être considéré au regard de la protection des demandeurs d’asile et non pas simplement comme une infraction à la législation sur l’immigration ». Une demande d’asile politique a d’ailleurs été officiellement enregistrée en Afrique du Sud le 28 avril, renforçant la stratégie judiciaire adoptée par l’activiste.
Dans cette bataille judiciaire, le Niger apparaît comme une possible porte de sortie. Kemi Seba a affirmé devant la cour que l’ambassade nigérienne en Afrique du Sud se disait prête à l’accueillir en cas de libération provisoire.
L’audience a finalement été renvoyée au 19 mai prochain. En attendant cette nouvelle échéance judiciaire, Kemi Seba ainsi que les deux autres personnes interpellées demeurent placés en détention












