Les entrepreneures du numérique d’Afrique francophone affûtent leurs stratégies à Lomé

À l’heure où l’économie numérique redessine les lignes de puissance du continent, Lomé s’impose comme un carrefour stratégique où les femmes entrepreneures affûtent leurs armes. Depuis mercredi, la capitale togolaise accueille un atelier régional d’envergure, véritable incubateur d’ambitions et de synergies, dédié au renforcement des capacités des actrices du digital en Afrique francophone.
Portée conjointement par le ministère délégué chargé du commerce et du contrôle de la qualité et celui de l’économie et de la veille stratégique, en partenariat avec la CNUCED et la CCI-Togo, cette initiative rassemble des participantes venues du Bénin, de la Côte d’Ivoire, du Cameroun, du Mali, de la RDC, du Sénégal et du Togo. Au cœur des échanges : « Renforcer la croissance des entreprises digitales portées par des femmes en Afrique francophone », un impératif désormais indissociable du développement inclusif.
Au-delà de la symbolique, les enjeux sont concrets. Accès au financement, intégration dans des réseaux stratégiques, expansion sur les marchés régionaux : autant de leviers que cet atelier ambitionne de rendre plus accessibles. « Les femmes entrepreneurs du numérique contribuent déjà énormément à la création de richesse […] mais elles n’ont pas souvent accès aux réseaux et aux outils dont elles ont besoin pour se développer. Le projet e-Trade for Women entend leur fournir un soutien adapté », a déclaré Sonia Nnadozie Aliyu, soulignant ainsi la nécessité d’un accompagnement ciblé.
Soutenue par l’OIF, l’initiative s’inscrit dans une dynamique continentale de transformation économique. Sa représentante au Togo, Thi Hoang Mai Tran, a rappelé avec justesse que « l’économie africaine est en pleine transformation », précisant que « cette transformation ne pourra être réussie que si elle est inclusive ». Elle insiste : permettre aux femmes d’exploiter les marchés ouest-africains et africains constitue une condition sine qua non d’une croissance durable.
Dans cette perspective, les autorités togolaises entendent faire de cet atelier un véritable catalyseur d’opportunités. Pour Koffi Vignon Mensah, qui a procédé à l’ouverture des travaux, il s’agit d’un « cadre de dialogue entre les secteurs public et privé », mais surtout d’un espace opérationnel. « Il ne fait aucun doute que cet atelier marque une étape importante […] transformant les échanges en opportunités réelles », a-t-il affirmé, appelant les participantes à capitaliser sur cette plateforme pour propulser leurs projets au-delà des frontières.
Pendant deux jours, les participantes bénéficieront de sessions ciblées, conçues pour répondre à leurs réalités. Au-delà de l’apprentissage, c’est une véritable mise en réseau stratégique qui s’opère, annonçant l’émergence d’une nouvelle génération d’entrepreneures prêtes à conquérir les marchés régionaux et continentaux.














