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Xénophobie en Afrique du Sud : le MMLK dénonce une “trahison du combat africain” après l’expulsion de 300 Ghanéens

Le continent africain est une fois de plus confronté à ses contradictions internes. L’expulsion de 300 ressortissants ghanéens en Afrique du Sud, dans un climat de violences xénophobes, suscite une indignation grandissante. Le Mouvement Martin Luther King (MMLK) hausse le ton et parle sans détour d’une dérive inacceptable, appelant les instances régionales et continentales à réagir avec urgence.

Dans un communiqué, l’organisation décrit une situation explosive sur le terrain. Elle affirme qu’il s’agit d’une véritable traque des ressortissants africains. « Chasse à l’Africain : Des frères ghanéens, nigérians, zimbabwéens sont traqués, battus, dépouillés », s’indigne le MMLK. L’organisation que préside Pasteur Komi Edoh évoque également des expulsions massives et brutales. « 300 Ghanéens jetés hors du pays sans dignité, sans droits, sans recours », a-t-il déploré.

Au-delà des expulsions, le mouvement dénonce un climat de passivité des autorités locales. Il pointe notamment un « silence complice » et des « commerces des Africains […] pillés pendant que la police regarde ailleurs », traduisant une banalisation inquiétante des violences.

Sur le plan historique, le MMLK estime que Pretoria renie son propre passé. Dans une formule sévère, il souligne : « L’Afrique du Sud a oublié son histoire récente. » Dans son communiqué, le MMLK rappelle le rôle décisif joué par plusieurs pays africains dans la lutte contre l’apartheid, citant le Ghana, le Nigeria ou encore des pays comme le Togo et la Tanzanie. Une mémoire collective aujourd’hui, selon lui, piétinée.

L’organisation va plus loin en qualifiant la situation de rupture morale. « Aujourd’hui, l’Afrique du Sud libre piétine les Africains. Elle mord la main qui l’a nourrie. C’est une trahison. C’est une honte pour le continent », a-t-il fait savoir.

L’appel est également adressé aux institutions régionales. Le MMLK interpelle directement la SADC et l’Union Africaine, leur demandant de sortir de l’inaction. Il exige notamment de « convoquer Pretoria en urgence » et d’ouvrir une mission d’enquête sur les violences signalées.

Enfin, les exigences formulées sont claires : arrêt immédiat des expulsions, excuses officielles, indemnisation des victimes et convocation d’un sommet extraordinaire. Le mouvement avertit : sans réaction forte, les institutions africaines risquent de perdre toute crédibilité face à leurs propres peuples.

Dans un continent fondé sur la solidarité historique, cette crise ravive une question essentielle : l’Afrique peut-elle tolérer que ses fils soient traités en étrangers chez eux ?

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