
À l’approche d’une échéance planétaire où chaque nation peaufine ses derniers réglages, l’Arabie saoudite a choisi de provoquer un véritable séisme sur son banc. À seulement deux mois du coup d’envoi de la Coupe du Monde, la fédération saoudienne a décidé de se séparer de son sélectionneur, Hervé Renard. Une décision aussi brutale qu’inattendue, qui met un terme à une aventure pourtant marquée par des souvenirs retentissants.
Longtemps entouré d’incertitudes, l’avenir du technicien français vient donc de basculer. « Partira ? Ne partira pas ? » La question agitait les observateurs depuis plusieurs semaines. La réponse est désormais tranchée : Hervé Renard n’est plus le sélectionneur de l’Arabie saoudite. Un départ qui intervient alors que les Faucons verts doivent prochainement affronter l’Uruguay, l’Espagne et le Cap-Vert dans le groupe H de la prochaine Coupe du Monde.
Sur le papier, le timing de cette rupture interpelle. D’autant que la tendance semblait plutôt favorable au maintien du technicien français. Ce dernier restait auréolé d’un exploit mémorable lors du précédent Mondial, lorsque l’Arabie saoudite avait créé la sensation en faisant tomber l’Argentine, future championne du tournoi. Un succès resté gravé dans les mémoires et qui avait renforcé l’image d’un sélectionneur capable de transcender ses joueurs.
Mais ces derniers mois, le climat s’est progressivement détérioré. Les revers concédés face à l’Égypte en match amical (4-0), puis contre la Serbie (2-1), ont fragilisé la confiance placée en lui. Revenu à la tête de la sélection en 2024 après son passage avec l’équipe de France féminine aux Jeux olympiques, Hervé Renard ne parvenait plus à convaincre pleinement. Dans les médias locaux, plusieurs observateurs estimaient que la sélection stagnait. L’animation tactique, jugée trop lisible, alimentait les critiques tandis que la dernière trêve internationale révélait une forme de distance entre certains joueurs et la sélection, plusieurs d’entre eux préférant invoquer leurs engagements en club.
Malgré ce contexte pesant, le technicien français n’avait aucune intention de quitter le navire. Il nourrissait même l’ambition de poursuivre son travail à la tête de la sélection et se sentait parfaitement légitime pour mener l’équipe vers ce qui aurait pu être sa troisième Coupe du Monde. Une première réunion avec les dirigeants de la fédération semblait d’ailleurs aller dans le sens d’une continuité.
Mais l’apparition d’une rumeur évoquant un intérêt du Ghana pour attirer Renard a profondément irrité les décideurs saoudiens. Dans un climat déjà fragilisé par les résultats et la pression médiatique, cette perspective a été perçue comme un signal négatif par les dirigeants.
La seconde réunion entre les deux parties s’est finalement révélée décisive. Malgré la défense de son projet et son statut de double vainqueur de la CAN, Hervé Renard n’a pas réussi à inverser la tendance. La fédération a tranché et choisi de tourner la page, sans doute influencée par un environnement médiatique de plus en plus critique et désireux de voir un nouveau visage à la tête des Faucons verts.
Plusieurs pistes circulent déjà pour lui succéder. Le nom de Walid Regragui a notamment été évoqué après son départ du Maroc, où il avait atteint la finale de la CAN. Quant à Hervé Renard, son rêve de disputer une troisième Coupe du Monde devra patienter. Et l’hypothèse d’un nouveau défi avec le Ghana s’est également refermée, les Black Stars ayant finalement confié leur sélection à Carlos Queiroz.












