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Égypte : la journaliste Lina Attalah libérée après une amende de 49 000 euros

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La pression judiciaire contre la presse indépendante s’intensifie en Égypte. Lina Attalah, directrice de Mada Masr, principal média indépendant du pays, a été libérée mardi soir après le paiement d’une amende de trois millions de livres égyptiennes, soit près de 49 000 euros. Cette libération intervient au terme d’un procès expéditif marqué par une décision de fermeture du site d’information et la découverte d’une autre condamnation à un an de prison prononcée contre la journaliste en 2024.

Le tribunal du Caire n’aura consacré qu’une seule audience à cette affaire avant d’ordonner la fermeture du site internet de Mada Masr pour exploitation présumée « sans licence ». La juridiction a également infligé au média une amende de trois millions de livres égyptiennes, selon les informations rapportées par la rédaction.

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À l’issue de l’audience, des membres des services de sécurité ont encerclé Lina Attalah avant de l’escorter hors de la salle. Hossam Bahgat, directeur de l’Initiative égyptienne pour les droits de la personne (EIPR), présent sur les lieux, a décrit une interpellation survenue « au milieu des cris et des protestations des avocats de la défense ».

La journaliste a finalement retrouvé la liberté dans la soirée, après le règlement de l’amende, a confirmé à l’AFP son avocat, Hassan al-Azhari.

Une autre condamnation dans le dossier

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Cette libération ne met toutefois pas fin aux ennuis judiciaires de Lina Attalah. Lors des formalités, son avocat a découvert qu’une autre décision avait été rendue par contumace en 2024. La journaliste avait alors été condamnée à un an de prison pour diffusion de « fausses informations » et gestion d’un site internet sans licence.

La défense a interjeté appel de cette condamnation. Une audience est prévue le 11 novembre, a précisé Hassan al-Azhari. Cette procédure laisse planer une nouvelle menace sur la directrice de Mada Masr, dont les activités journalistiques sont régulièrement visées par des poursuites.

Les organisations de défense de la presse alertent

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Avant même l’annonce de sa libération, Amnesty International avait dénoncé un « jour sombre » pour la liberté de la presse en Égypte. L’organisation estime que la décision judiciaire porte un coup sévère au pluralisme médiatique et s’inscrit dans une série de procédures visant à réduire au silence les voix indépendantes.

« Cette décision draconienne est l’aboutissement d’années de harcèlement incessant et de procédures injustes visant à faire taire l’une des dernières voix médiatiques indépendantes du pays », a déploré l’ONG.L’affaire constitue au moins la sixième procédure visant Lina Attalah et *Mada Masr* en six ans. Une répétition qui alimente les inquiétudes sur les conditions d’exercice du journalisme indépendant dans le pays.

Sara Qudah, directrice régionale pour le Moyen-Orient du Comité pour la protection des journalistes (CPJ), a également mis en garde contre les conséquences de cette décision. « Si l’Égypte peut placer en détention l’une de ses rédactrices en chef les plus respectées et fermer sa rédaction, aucun journaliste indépendant n’est en sécurité dans ce pays », a-t-elle averti, plaidant pour que Mada Masr puisse poursuivre son travail.

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Les accusations de « fausses informations » se multiplient

Cette affaire survient quelques semaines après l’arrestation de l’équipe de vérification des faits de Matsadaash, une autre plateforme numérique. Ses journalistes sont accusés de diffuser de « fausses informations » et d’entretenir des liens avec les Frères musulmans, organisation interdite en Égypte.

Les accusations de diffusion de fausses nouvelles sont fréquemment dirigées contre des médias considérés comme critiques envers le gouvernement. Elles nourrissent les préoccupations des organisations de défense des droits humains, qui dénoncent les restrictions imposées à la presse indépendante.

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Le bilan dressé par l’Initiative égyptienne pour les droits de la personne donne la mesure de ces inquiétudes : selon l’organisation, 26 journalistes sont actuellement détenus en Égypte en raison de leur travail.

Si Lina Attalah a recouvré la liberté après le paiement de l’amende, la menace de fermeture pesant sur Mada Masr et l’appel attendu le 11 novembre maintiennent son dossier au cœur des préoccupations relatives à la liberté de la presse dans le pays.