
Yahya Jammeh, ancien Président gambien
En Gambie, le spectre du retour de Yahya Jammeh refait surface. Dans une note vocale diffusée dimanche, l’ancien président a annoncé son intention de rentrer au pays après huit années d’exil en Guinée équatoriale. Mais à Banjul, le gouvernement n’entend pas lui dérouler le tapis rouge. Il promet plutôt des poursuites judiciaires.

Âgé de 60 ans, Yahya Jammeh vit loin de son pays depuis janvier 2017, date à laquelle il a fui après avoir perdu l’élection présidentielle face à Adama Barrow. Son refus initial de reconnaître sa défaite avait plongé la Gambie dans une crise politique majeure, avant qu’une médiation de la CEDEAO ne l’amène à quitter le pouvoir.
Depuis, l’ancien homme fort de Banjul multiplie les messages et les promesses de retour. Dans sa dernière déclaration, il affirme avoir conclu un protocole d’accord avec l’Union africaine, la CEDEAO, l’ONU et l’Union européenne, accord qui lui garantirait, selon lui, un retour « en toute sécurité ». Il précise également que son exil devait initialement durer seulement six mois.
Mais pour le gouvernement gambien, pas question d’oublier les années de dictature. Les autorités rappellent que l’ancien président pourrait être poursuivi pour de graves violations des droits humains commises durant ses 22 ans de règne. « Il fera face à la justice s’il rentre », a déclaré un responsable proche du pouvoir.
Aucune date précise n’a été annoncée par Yahya Jammeh. En attendant, son message a ravivé un vieux débat national : faut-il permettre à l’ancien autocrate de revenir sans répondre de ses actes ? Une question qui divise profondément la société gambienne, encore marquée par les blessures de son régime.
Entre désir de retour et menace judiciaire, Yahya Jammeh reste au cœur d’un dilemme politique et moral pour la Gambie. Son éventuel retour pourrait bien rouvrir les plaies d’un passé que le pays tente encore de refermer.













