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Guinée équatoriale : un fils du président condamné pour la vente frauduleuse d’un avion

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Un verdict inédit vient d’être rendu en Guinée équatoriale. Ruslan Obiang Nsue, fils du président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, a été condamné pour la vente illégale d’un appareil de la compagnie nationale Ceiba Intercontinental. La décision de justice, confirmée par un haut magistrat, fait l’effet d’un séisme politique dans un pays où la famille dirigeante échappe presque toujours aux poursuites.

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Selon les précisions communiquées par Hilario Mitogo, directeur de presse de la Cour suprême, le jugement prononcé mardi stipule que l’accusé, âgé de 50 ans, devra purger six ans de prison s’il ne rembourse pas à l’État la valeur de l’avion vendu. Le tribunal a en effet constaté que M. Obiang Nsue, alors directeur de Ceiba Intercontinental, avait cédé un ATR 72-500 à une société espagnole et s’était approprié les recettes de cette transaction.

Pour éviter son incarcération, les juges lui offrent une alternative : restituer environ 255 000 dollars à la compagnie aérienne, régler des dommages et intérêts, ainsi qu’une amende au profit du Trésor public. En revanche, il a été blanchi des accusations de détournement de fonds et d’abus de pouvoir qui pesaient également sur lui.

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Cette condamnation survient dans un contexte déjà marqué par des tensions au sein du clan présidentiel. En 2023, le mis en cause avait été placé en résidence surveillée sur ordre de son demi-frère, Teodoro Nguema Obiang Mangue, actuel vice-président, geste perçu comme l’expression de rivalités familiales pour le contrôle des richesses nationales.

Ancien secrétaire d’État à la Jeunesse et aux Sports, Ruslan Obiang Nsue n’est pas le premier membre de la dynastie à être rattrapé par la justice. En 2021, la justice française avait infligé au vice-président une lourde sanction dans l’affaire des « biens mal acquis », le condamnant à une amende de 35 millions de dollars et à une peine de prison avec sursis pour détournement et abus de confiance.

Dans ce pays riche en hydrocarbures mais gangrené par la corruption, l’affaire revêt une portée symbolique. Elle pourrait traduire une volonté affichée de sévir contre les malversations, ou n’être que l’ultime illustration des luttes intestines au sommet du pouvoir. La défense de M. Obiang Nsue n’a, pour l’heure, pas indiqué s’il entendait interjeter appel ni s’il s’acquitterait des sommes exigées pour échapper à l’emprisonnement.