JEA 2026 : ASED fédère les acteurs communautaires autour du bien-être de l’enfant.

Un enfant privé d’eau potable est un enfant dont l’avenir est menacé. Un enfant exposé à l’insalubrité est un enfant dont la santé est fragilisée. Un enfant privé d’éducation ou de protection voit ses chances de réussite compromises. À Sénakomé, dans le village d’Agovoudou, cette réalité n’a pas été ignorée. Elle a été placée au cœur d’une mobilisation communautaire d’envergure à l’occasion de la Journée de l’Enfant Africain (JEA) 2026.
Loin des simples discours de circonstance, la célébration s’est transformée en une véritable plateforme de sensibilisation et d’engagement collectif. À l’initiative de l’association Actions Solidaires pour les Enfants en Difficulté (ASED), enfants, parents, autorités locales, chefs traditionnels et leaders communautaires se sont réunis autour d’un même objectif : promouvoir et défendre les droits fondamentaux de l’enfant.
Cette année, la Journée de l’Enfant Africain était placée sous le thème continental : « Garantir l’accès universel à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène pour chaque enfant en Afrique ». Un thème qui fait écho à une urgence encore bien présente sur le continent. En effet, malgré les progrès enregistrés dans plusieurs pays africains, des milliers d’enfants continuent de vivre sans accès suffisant à l’eau potable ni à des infrastructures sanitaires adaptées.
Face à ce défi, ASED a choisi de faire de cette journée un espace d’apprentissage et de prise de conscience. L’association a ainsi mis l’accent sur le lien étroit qui existe entre l’eau, l’hygiène, la santé et le respect des droits de l’enfant. Car protéger un enfant ne consiste pas seulement à assurer sa sécurité. Cela implique également de lui offrir les conditions nécessaires à son développement physique, intellectuel et social.
Pour les responsables de l’association, les droits de l’enfant forment un tout indissociable. Santé, éducation, protection, accès à l’eau potable, hygiène et dignité humaine doivent être abordés simultanément. Aucun de ces éléments ne peut être négligé sans compromettre l’épanouissement de l’enfant.
« Protéger un enfant, c’est répondre à tous ses besoins : sa santé, son éducation, sa dignité. Le thème de cette année nous rappelle que l’accès à l’eau et à l’hygiène est l’un des piliers de cette protection. À ASED, nous croyons en une approche holistique, où chaque droit de l’enfant compte », a déclaré Mangliwè Enetem, directrice exécutive de l’association.
Cette vision s’est traduite concrètement sur le terrain. Tout au long de la journée, les participants ont pris part à plusieurs activités éducatives et interactives. Au total, 146 enfants, accompagnés d’une trentaine de parents ainsi que de nombreux acteurs communautaires, ont bénéficié de séances d’information sur les droits de l’enfant, les bonnes pratiques d’hygiène et l’importance de l’assainissement dans la prévention des maladies.
Les échanges ont suscité un vif intérêt. Questions, témoignages et discussions ont permis aux participants d’approfondir leurs connaissances tout en partageant leurs expériences. Les enfants, particulièrement réceptifs, ont démontré une réelle volonté de comprendre les comportements favorables à leur santé et à leur bien-être.

Par ailleurs, l’apprentissage ne s’est pas limité aux exposés théoriques. Afin de favoriser une meilleure appropriation des messages, les organisateurs ont privilégié des approches ludiques et participatives. Des concours de lecture, des ateliers de poésie ainsi que des séances de dessin ont permis aux enfants d’exprimer leur créativité tout en assimilant les notions abordées.
L’un des moments les plus marquants de la journée a été la démonstration pratique du lavage des mains. À travers cet exercice simple mais essentiel, les participants ont découvert comment un geste quotidien peut contribuer efficacement à prévenir de nombreuses maladies. Une illustration concrète qui a renforcé la portée des messages de sensibilisation.
Les efforts et l’implication des enfants ont également été récompensés. Les meilleurs participants aux différentes compétitions éducatives ont reçu des distinctions. En outre, quatre dispositifs de lavage des mains ont été attribués à des établissements scolaires issus des communautés représentées. Ces équipements permettront de renforcer durablement les pratiques d’hygiène dans les écoles bénéficiaires.
Au-delà des activités organisées, la célébration a aussi offert l’occasion de rappeler l’histoire et la portée symbolique de la Journée de l’Enfant Africain. Instituée en mémoire du soulèvement des élèves de Soweto en Afrique du Sud en 1976, cette journée demeure un puissant rappel des combats menés pour la reconnaissance et la protection des droits des enfants sur le continent.
Pour ASED, l’événement revêtait une importance particulière. Il s’agissait de sa toute première activité de terrain depuis sa création. Un moment fondateur qui marque officiellement le début de son engagement auprès des communautés. Plus qu’une simple action ponctuelle, cette initiative traduit la volonté de l’association de s’inscrire durablement dans la promotion du bien-être des enfants vulnérables.
« Pour notre toute première activité de terrain, nous rêvions d’un beau jour. Vous nous avez offert bien plus : des sourires d’enfants, l’engagement des familles et la chaleur de toute une communauté. Cette journée n’est pas une fin, c’est un commencement. ASED poursuivra son action au profit de l’enfant autour de ces axes : la protection, l’éducation, la santé et l’autonomisation économique des familles », a souligné la directrice exécutive.

Cette déclaration résume l’ambition de l’organisation. Construire un environnement où chaque enfant peut grandir dans la dignité, accéder à ses droits fondamentaux et développer pleinement son potentiel. Une ambition qui ne peut être portée par une seule structure. Elle exige l’implication des familles, des communautés, des autorités et de l’ensemble des acteurs de développement.
À Sénakomé, ce message a trouvé un écho favorable. La mobilisation observée témoigne d’une prise de conscience grandissante autour des enjeux liés à l’enfance. Elle démontre également qu’un changement durable est possible lorsque les communautés décident d’agir ensemble.
Ainsi, à travers cette première initiative, ASED pose les bases d’un engagement appelé à s’intensifier dans la commune des Lacs 3. Plus qu’une célébration, la Journée de l’Enfant Africain 2026 aura été un appel à l’action. Un rappel que les droits de l’enfant ne doivent pas rester des principes inscrits dans les textes. Ils doivent devenir une réalité tangible pour chaque enfant, partout et sans exception.














