La FANAF et l’APSAT mobilisent les professionnels de l’assurance pour deux rencontres à Lomé

Plus de 500 professionnels de l’assurance, responsables publics et experts sont attendus à Lomé, du 2 au 5 novembre 2026, à l’initiative de la Fédération des sociétés d’assurances de droit national africaines (FANAF), en collaboration avec l’Association professionnelle des sociétés d’assurance du Togo (APSAT). Deux rencontres majeures sont au programme : le 12e Forum des marchés de la zone FANAF et le Symposium sur l’assurance santé, avec pour enjeux la discipline financière du secteur et l’élargissement de la couverture sanitaire en Afrique.
L’assurance africaine sera au cœur des échanges à l’Hôtel 2 Février, à Lomé. Pendant quatre jours, dirigeants de compagnies d’assurance et de réassurance, régulateurs, ministres, experts actuariels et professionnels de la santé examineront les défis réglementaires et sanitaires auxquels le continent est confronté.
La FANAF, en collaboration avec l’APSAT, entend faire de ces rencontres un cadre de réflexion et de concertation entre les acteurs publics et privés. Selon le communiqué, les participants sont appelés à « débattre des grands défis réglementaires et sanitaires du continent ».
Le programme s’ouvrira les 2 et 3 novembre avec le 12e Forum des marchés de la zone FANAF, avant de se poursuivre les 4 et 5 novembre avec le Symposium sur l’assurance santé. Deux rendez-vous complémentaires qui mettent en lumière les enjeux de conformité financière, de modernisation des services et d’accès aux soins.
Article 13 du Code CIMA : renforcer la discipline financière
Le 12e Forum des marchés de la zone FANAF placera au centre des discussions le respect des obligations financières dans le secteur des assurances. Les travaux se dérouleront autour du thème : « Pas de prime, pas de garantie : quinze ans après, reprendre la main sur l’article 13 du Code CIMA ».
Cette thématique renvoie à un enjeu déterminant pour les marchés régis par la Conférence interafricaine des marchés d’assurances (CIMA) : assurer une application rigoureuse des règles relatives au paiement des primes et aux conditions de garantie. Leur respect contribue à la stabilité financière des compagnies, à la fiabilité des contrats et à la confiance des assurés.
La FANAF et l’APSAT souhaitent notamment permettre aux participants d’« évaluer l’impact et le niveau d’observance de l’article 13 à l’échelle des marchés nationaux ».
Les débats porteront également sur les retards de règlement et le sous-financement des garanties, deux difficultés susceptibles de fragiliser les équilibres financiers des entreprises d’assurance et de compromettre la bonne exécution de leurs engagements.
Le renforcement de la surveillance des marchés constituera un autre axe de réflexion. Les participants examineront les mécanismes de contrôle pouvant associer les autorités de régulation aux organisations professionnelles. L’objectif est de favoriser une meilleure application des règles et de consolider la discipline financière dans l’industrie africaine de l’assurance.


Assurance santé : la FANAF mise sur une couverture plus inclusive
Après les questions réglementaires, le Symposium sur l’assurance santé, prévu les 4 et 5 novembre, mettra l’accent sur l’accès aux soins et la pérennité des mécanismes de couverture. Il se tiendra sous le thème : « Bâtir un écosystème de l’assurance santé viable, inclusif et durable en Afrique ».
Dans un contexte où la Couverture maladie universelle (CMU) représente un enjeu majeur de politique sociale, la mobilisation des assureurs privés apparaît comme une piste pour élargir la protection sanitaire. Encore faut-il que les mécanismes proposés soient financièrement viables et adaptés aux besoins des populations.
Parmi les priorités annoncées figure la volonté d’« accélérer la mise en place de la Couverture Maladie Universelle (CMU) par l’implication des assureurs privés ».
Les échanges devront ainsi explorer les conditions d’une coopération efficace entre les pouvoirs publics et les compagnies privées. L’enjeu consiste à élargir l’accès aux soins de base tout en préservant l’équilibre économique des dispositifs mis en place.
La transformation numérique des services d’assurance santé sera également examinée. Le communiqué évoque la nécessité de « digitaliser la gestion des sinistres et généraliser l’interopérabilité des plateformes de Tiers-Payant ».
L’interconnexion des plateformes et la dématérialisation des procédures pourraient faciliter les échanges entre assureurs et prestataires de santé, accélérer le traitement des dossiers et améliorer la prise en charge des bénéficiaires.
Les partenariats public-privé feront aussi partie des leviers étudiés. Il s’agira de « structurer des Partenariats Publics-Privés (PPP) pérennes pour sécuriser l’accès aux soins de base ». Leur efficacité dépendra notamment de la capacité des parties prenantes à concilier accessibilité des soins, continuité des prestations et viabilité financière.
La FANAF et l’APSAT pour une concertation sectorielle
En réunissant à Lomé les professionnels de l’assurance, les autorités de régulation et les acteurs de la santé, la FANAF et l’APSAT veulent favoriser un dialogue susceptible de déboucher sur des pistes d’action concrètes. Le communiqué présente ces rencontres comme une « plateforme unique de co-construction réglementaire, technologique et opérationnelle ».
Les travaux s’articuleront autour de deux priorités majeures pour l’assurance en Afrique francophone : renforcer l’application des règles financières et développer des systèmes de couverture sanitaire capables de répondre durablement aux besoins des populations.
Les conclusions attendues concerneront notamment les mécanismes de contrôle, la modernisation de la gestion des prestations et les possibilités de coopération entre les secteurs public et privé. Elles pourraient alimenter les réflexions des acteurs du marché sur les adaptations nécessaires à l’évolution du secteur.
Pour la FANAF et l’APSAT, ces échanges constituent une occasion de rapprocher les points de vue et d’identifier des réponses aux difficultés rencontrées par les marchés africains de l’assurance.
En marge des sessions techniques, des déjeuners d’affaires, un dîner de gala et des visites culturelles sont prévus. Ces activités offriront aux participants des occasions de développer leurs réseaux professionnels, d’explorer des possibilités de partenariat et de découvrir le patrimoine togolais.
Pendant quatre jours, Lomé sera ainsi un lieu de concertation sur l’avenir de l’assurance africaine, entre exigences de rigueur financière, innovations opérationnelles et ambition d’une protection sanitaire plus accessible et durable.














