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Liberté de la presse au Togo : l’UJIT appelle à préserver l’essence du journalisme indépendant

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Dans un contexte mondial où l’information se trouve de plus en plus contestée, fragilisée et instrumentalisée, l’Union des Journalistes Indépendants du Togo (UJIT) a choisi, à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, de conjuguer reconnaissance et mise en garde. À travers un message à la tonalité à la fois solennelle et engagée, l’organisation dresse un état des lieux sans concession, tout en rappelant le rôle fondamental du journalisme dans l’équilibre démocratique.

S’adressant à ses membres, l’UJIT souligne d’emblée la portée symbolique de cette célébration : « En ce 3 mai, Journée mondiale de la liberté de la presse, l’Union des Journalistes Indépendants du Togo s’associe à la communauté internationale pour célébrer, mais aussi pour interpeller ». L’organisation rend ainsi hommage « au courage de celles et ceux qui, chaque jour, au Togo et à travers le monde, exercent leur métier avec rigueur, intégrité et dévouement au service de la vérité », tout en attirant l’attention sur des « défis réels et pressants ».

Parmi ces défis, la dégradation de l’écosystème informationnel occupe une place centrale. « L’information est devenue un champ de bataille », alerte le communiqué, évoquant une réalité marquée par la manipulation et l’exploitation des nouvelles technologies. Selon l’UJIT, cette situation « érode chaque jour un peu plus le lien de confiance entre les citoyens et leurs institutions », fragilisant ainsi les bases mêmes de la sécurité nationale. Dans le même élan, les médias indépendants, confrontés à des difficultés économiques croissantes, « peinent à tenir leur rôle de vigie là où la démocratie en a le plus besoin ».

Mais le constat le plus préoccupant réside, selon l’organisation, dans la montée silencieuse de l’autocensure. « L’autocensure a bondi de plus de 60 % à travers le monde », souligne le texte, précisant qu’elle s’impose non pas sous l’effet de lois restrictives, mais sous celui « d’une peur diffuse et multiforme ». L’UJIT décrit ainsi « une liberté qui se retire d’elle-même silencieusement, insidieusement », qu’elle considère comme « la forme la plus grave de censure ».

Dans ce climat tendu, le thème de l’année, « Façonner un avenir de paix », prend tout son sens. L’UJIT rappelle que « la liberté de la presse et le journalisme indépendant ne sont pas des enjeux sectoriels », mais bien « des forces d’avenir et des leviers transversaux au service de la paix ». En garantissant une information fiable et en favorisant la redevabilité, le journalisme apparaît comme « un pilier essentiel de la paix, de la reprise économique, du développement durable et des droits humains », insiste l’organisation.

Au plan national, l’UJIT salue néanmoins une évolution encourageante. Elle met en avant les résultats du classement 2026 de Reporters sans frontières, notant que « le Togo y gagne 25 places en un an, passant de la 121ᵉ à la 97ᵉ position sur 180 pays ». Une progression qui constitue « l’une des plus importantes enregistrées en Afrique de l’Ouest » et marque « un tournant symbolique », même si des efforts restent à consolider. Dans cette dynamique, l’organisation appelle les autorités à « revoir à la hausse le fonds d’aide de l’État à la presse ».

Pour finir, l’UJIT réaffirme ses priorités, notamment « défendre chaque journaliste victime d’intimidation », « promouvoir les standards éthiques » et « plaider pour un cadre favorable à l’indépendance des médias ». Fidèle à sa ligne, elle réitère son ambition de contribuer « à façonner, par l’information juste, un Togo plus pacifique et plus démocratique », rappelant avec force que « la plume au service de la paix est plus puissante que jamais ».