
À l’occasion de la Journée internationale de la liberté de la presse, le Mouvement Martin Luther King (MMLK) a choisi de rompre avec les discours convenus pour dresser un diagnostic sans fard de la condition des journalistes togolais. Loin des célébrations symboliques, l’organisation impose une lecture lucide et exigeante d’un secteur miné par des fragilités persistantes.
« Il n’y a pas de paix sans presse libre. Il n’y a pas de presse libre sans journalistes vivants, protégés et respectés », affirme d’emblée le mouvement, ancrant son propos dans une vérité fondamentale. En écho au thème international « Façonner un avenir de paix », le MMLK rappelle que la liberté de la presse ne saurait être réduite à une proclamation, mais doit se traduire par des garanties concrètes.
Car derrière la prolifération des médias au Togo, le contraste est saisissant. « Le Togo compte une pléthore de médias. La liberté est proclamée. Mais derrière l’arbre de la liberté se cache la forêt de la précarité », souligne la déclaration. Une image forte qui illustre l’écart entre les principes affichés et la réalité vécue par les professionnels. Le constat est d’autant plus amer que, selon le MMLK, « vous défendez tout le monde sauf vous-mêmes ».
Face à cette situation, l’organisation affiche un soutien ferme à l’ensemble de la corporation et formule des exigences précises. En tête de liste, la mise en place d’une convention collective, attendue depuis les États généraux de la communication de 2022. « Quatre ans après, où est-elle ? », s’interroge le mouvement, avant de rappeler avec force : « On n’assainit pas une maison en affamant ses habitants. » Un message direct aux employeurs du secteur, invités à revoir leurs responsabilités sociales.
La question de la carte de presse cristallise également les critiques. Pour le MMLK, elle doit cesser d’être un simple symbole pour devenir un véritable levier de protection. « Une carte de presse qui donne des droits, pas des décorations », insiste le texte, plaidant pour des mesures tangibles telles que « assurance maladie, détaxe sur les intrants, réductions transport/hôtel » ainsi qu’un document fiable et durable.
Au-delà de ces revendications, le mouvement appelle à une application intégrale des résolutions issues des États généraux. « Le code de la presse n’est qu’une recommandation parmi d’autres. Où sont les autres ? », questionne-t-il, pointant notamment l’urgence de garantir la viabilité économique des entreprises de presse.
Mais le plaidoyer ne s’arrête pas aux autorités et aux employeurs. Il interpelle aussi les journalistes eux-mêmes. Le MMLK déplore les divisions internes et exhorte à un sursaut collectif. « Unis, vous êtes une force inséparable et invincible mais divisés, vous êtes vulnérables », prévient-il, appelant à une mobilisation commune pour défendre la dignité du métier.
Déterminé à inscrire son action dans la durée, le mouvement annonce une échéance majeure. « Le 28 mai 2026 à Lomé, nous transformerons ces 4 exigences en engagements publics devant la Nation », promet-il, affichant ainsi sa volonté de passer du plaidoyer à l’action.
En filigrane, une conviction s’impose, martelée comme un principe intangible : « Pas d’avenir de paix sans presse libre. Pas de presse libre sans journalistes unis et vivants. » Une équation simple, mais dont la réalisation demeure, au Togo, un impératif urgent.














