
Richard Aziague, Président de l’Association Journalistes pour les droits de l’homme (JDHO)
Introuvable depuis le 31 août 2026, le journaliste Moussa Kaka, directeur de la Radiotélévision Saraounia, serait détenu par les autorités nigériennes, selon des informations rapportées par le JDHO. L’association réclame des explications officielles sur son sort et des garanties quant au respect de ses droits fondamentaux.
Où se trouve Moussa Kaka et dans quelles conditions est-il privé de liberté, si sa détention est confirmée ? Plus de six semaines après sa disparition, ces questions restent au cœur des préoccupations de l’Association Journalistes pour les droits de l’homme (JDHO), qui presse les autorités nigériennes de sortir du silence. Dans un appel rendu public le 13 octobre 2026, son président, Richard Aziague, interpelle directement le chef de la Transition, le général Abdourahamane Tiani, et réclame des réponses précises sur la situation du journaliste.

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Selon les informations exposées par l’association, Moussa Kaka a quitté son bureau, situé dans le quartier de Kalley Est, à Niamey, le 31 août dernier, pour regagner son domicile à Lossogoungou. Il n’y serait jamais arrivé. Depuis, aucune information suffisamment précise n’a permis d’établir publiquement les circonstances de sa disparition. Son véhicule personnel serait également introuvable.
L’affaire suscite d’autant plus d’inquiétudes qu’elle intervient dans un contexte sécuritaire tendu. La disparition du journaliste est survenue deux jours après une mutinerie signalée dans plusieurs installations militaires de la capitale nigérienne. Si ce contexte nourrit les interrogations, il ne permet toutefois pas, à lui seul, d’établir un lien entre ces événements.
Une détention présumée sans explications détaillées
Le JDHO affirme que le ministre nigérien de la Justice, Alio Daouda, aurait confirmé à Reporters sans frontières (RSF) que Moussa Kaka était détenu par les autorités. Une information qui, si elle est avérée, rend d’autant plus pressante la nécessité de connaître le lieu de sa détention, les raisons de cette mesure et son fondement juridique.
Pour l’association, l’enjeu dépasse désormais la seule recherche du journaliste. Il s’agit également de déterminer dans quelles conditions une éventuelle privation de liberté est intervenue et de s’assurer que les garanties prévues par la loi sont effectivement respectées.
Richard Aziague demande ainsi aux autorités de communiquer officiellement sur le dossier. Le JDHO exige notamment que les éventuels motifs de détention soient précisés, que l’intégrité physique et morale du journaliste soit protégée et que celui-ci puisse bénéficier de l’assistance d’un avocat.
L’organisation insiste aussi sur le droit de la famille et des proches à recevoir des informations fiables sur son sort. Si des poursuites judiciaires sont engagées, elle réclame le respect des règles d’une procédure équitable.
Liberté de la presse et respect de la loi
Ancien correspondant de Radio France internationale (RFI), Moussa Kaka a consacré plusieurs décennies au journalisme. Sa disparition soulève ainsi des préoccupations qui touchent à la fois à la protection des personnes, aux garanties judiciaires et à la liberté d’informer.
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Le JDHO rappelle que les impératifs de sécurité ne sauraient justifier la mise à l’écart des droits fondamentaux. Même dans un contexte politique et sécuritaire difficile, toute personne privée de liberté doit pouvoir connaître les raisons de cette mesure et exercer les droits que lui reconnaît la loi.
L’association tient néanmoins à préciser que sa démarche ne vise pas à soustraire le journaliste à d’éventuelles poursuites ni à lui accorder un traitement de faveur. Elle demande que la vérité soit établie et que la justice, si elle est saisie, s’exerce dans le respect des garanties légales.

Le journaliste Moussa Kaka, directeur de la Radiotélévision Saraounia
En attendant une communication officielle détaillée, les incertitudes persistent autour du sort de Moussa Kaka. Pour le JDHO, les autorités nigériennes doivent désormais apporter des réponses claires, dissiper les inquiétudes de sa famille et garantir le respect de ses droits. Au-delà de ce cas, la manière dont cette affaire sera traitée constituera un enjeu important pour la confiance dans les institutions et la protection des journalistes au Niger.














