PPT : Honoré Adontui reconduit pour un second mandat

La presse togolaise entame un nouveau cycle sous la conduite d’Honoré Kokouda Adontui. Réunis en assemblée générale ce vendredi 2 octobre 2026 à Lomé, les membres du Patronat de la presse togolaise (PPT) ont renouvelé, à l’unanimité, leur confiance au président sortant. Reconduit pour un deuxième et dernier mandat de deux ans, Honoré Adontui devra désormais s’attaquer à un défi devenu central pour les entreprises de presse : retrouver une assise économique suffisamment solide pour assurer leur pérennité.
Ce nouveau mandat s’inscrit dans la continuité du précédent, mais avec des priorités clairement affichées : renforcer la viabilité économique des médias, accélérer leur adaptation au numérique et poursuivre le plaidoyer en faveur de la liberté de la presse.

À l’issue de l’assemblée générale, Honoré Adontui a accueilli sa reconduction avec satisfaction, tout en mesurant l’ampleur de la tâche. « C’est un sentiment de fierté, car il n’est pas facile de diriger une organisation professionnelle de presse, surtout dans le contexte togolais. Nous avons parcouru du chemin, et le bilan présenté aujourd’hui montre que nous pouvons encore mieux faire », a-t-il déclaré.
Le financement des médias au cœur du mandat
Pour le bureau reconduit, la fragilité économique des entreprises de presse constitue l’un des principaux obstacles au développement du secteur. Mévente des journaux, réduction des budgets publicitaires, difficultés d’accès aux marchés des sociétés d’État et concurrence des plateformes numériques pèsent sur les revenus des médias et compliquent leur fonctionnement quotidien.
Face à cette réalité, le PPT entend défendre la création d’une régie publicitaire dédiée aux médias togolais. L’initiative vise à mieux structurer le marché publicitaire et à favoriser une répartition plus accessible des ressources au profit des entreprises de presse.
Le patronat de la presse souhaite également obtenir une augmentation substantielle des subventions publiques accordées au secteur. Pour l’organisation, cet appui pourrait contribuer à alléger les tensions de trésorerie auxquelles sont confrontés de nombreux médias et à préserver leurs capacités de production.
Mais le PPT mise aussi sur les propres capacités des entreprises. Formation des professionnels, recherche de nouveaux projets, diversification des activités et développement de modèles économiques alternatifs figurent parmi les pistes envisagées.
Le numérique pour reconquérir le public
L’autre bataille se joue sur le terrain numérique. Les habitudes du public ont profondément évolué et contraignent désormais les médias traditionnels à repenser leurs méthodes de production et de diffusion de l’information.
Le PPT prévoit d’accompagner ses membres dans l’amélioration de leur présence sur les réseaux sociaux, l’innovation éditoriale et l’utilisation des nouvelles technologies. L’objectif est également d’encourager la création de formats susceptibles de répondre aux nouvelles pratiques de consommation de l’information.
« Nous devons nous adapter en proposant des contenus de qualité à nos lecteurs, téléspectateurs et auditeurs. Nous devons également créer de nouveaux formats de contenus capables de capter l’attention du public et d’attirer davantage d’annonceurs », a souligné Honoré Adontui.
Pour le président du PPT, l’enjeu dépasse donc la simple présence des médias sur internet. Il s’agit de transformer cette mutation en opportunité économique, en développant une audience suffisamment forte pour intéresser davantage les annonceurs et diversifier les sources de revenus.
Le Code de la presse reste une priorité
La question des conditions d’exercice du métier demeure également au centre des préoccupations du patronat de la presse.
Le PPT entend poursuivre son plaidoyer pour la modification de certaines dispositions du Code de la presse et de la communication du 7 janvier 2020. L’organisation demande notamment l’abrogation de l’alinéa 2 de l’article 3, de l’article 5 consacré à la presse en ligne ainsi que de l’article 156.
Le PPT souhaite également un allègement des sanctions pécuniaires prévues par le nouveau Code, afin de les rapprocher de celles qui étaient applicables sous l’ancien dispositif.
Autre revendication : l’adoption du décret d’application de la Convention de Florence et du protocole de Nairobi, ratifiés par le Togo le 16 novembre 2009.
Sur ces différents dossiers, Honoré Adontui estime que les organisations professionnelles doivent davantage coordonner leurs efforts. Il appelle les acteurs des médias, publics comme privés, à dépasser les clivages pour porter des revendications communes au bénéfice du secteur.
« Nous devons démontrer notre professionnalisme »
Le président reconduit ne limite toutefois pas les responsabilités aux pouvoirs publics. Il estime que les professionnels des médias ont également leur part à prendre dans la recherche de solutions aux difficultés qui frappent le secteur.

La crise économique de la presse, observe-t-il, ne se limite pas au Togo. Mais elle ne saurait pour autant condamner les entreprises de médias à disparaître. La réponse passe notamment par davantage de solidarité entre professionnels, mais aussi par l’exigence de qualité et de rigueur dans la production journalistique.
« Nous devons démontrer notre professionnalisme », insiste-t-il, en appelant les médias à renforcer leur crédibilité et la qualité de leurs contenus.
Honoré Adontui rappelle par ailleurs le rôle particulier de la presse dans la protection des ressources publiques. Les enquêtes journalistiques et les révélations sur les détournements ou l’accaparement des biens publics participent, selon lui, au contrôle citoyen et à la défense de l’intérêt général.
Le PPT demande ainsi aux pouvoirs publics de mettre en place des mécanismes de soutien adaptés, tout en créant les conditions nécessaires à l’exercice effectif de la mission d’information des médias.
Pour les deux prochaines années, le Patronat de la presse togolaise entend donc concentrer son action autour de trois axes : consolider l’économie des entreprises de presse, accompagner leur transformation numérique et défendre les conditions d’exercice du journalisme.
Le bureau du PPT reconduit
Le nouveau bureau du Patronat de la presse togolaise est composé comme suit :
- Président : Honoré Kokouda Adontui — Le Correcteur
- Vice-président : Dr Francisco Napo-Koura — Tampa Express
- Secrétaire général : Sylvestre Beni — La Manchette
- Trésorier général : Ambroise Kpondjo — The Guardian
- Trésorier général adjoint : Médard Amétépé — Liberté














