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RDC : Joseph Kabila prend officiellement la tête de la rébellion

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Joseph Kabila passe de l’ombre à l’action armée. L’ancien président de la République démocratique du Congo (RDC) a annoncé, lundi 12 octobre, la création du Front pour la refondation de la nation (FRN), un mouvement politico-militaire basé à Goma, dans l’est du pays. Cette nouvelle structure, qui réunirait les principaux dirigeants de l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et du M23, affiche un objectif explicite : mettre fin au pouvoir de Félix Tshisekedi, y compris par la force.

Selon des sources proches du mouvement, Joseph Kabila en prend la présidence. Il sera secondé par Corneille Nangaa, coordonnateur de l’AFC, et Bertrand Bisimwa, président du M23, tous deux nommés vice-présidents. Freddy Kaniki devrait occuper le poste de secrétaire général, avec Benjamin Bonimpa comme secrétaire général adjoint. Quant à Sultani Makenga, chef militaire du M23, il est annoncé à la tête de l’état-major général, avec rang de vice-président.

La création du FRN s’accompagnerait de la dissolution officielle de l’AFC/M23, toujours selon les mêmes sources. Cette réorganisation placerait ainsi les responsables politiques et militaires de la rébellion sous une nouvelle bannière.

La force revendiquée au nom de la Constitution

Le Front pour la refondation de la nation entend « mutualiser les forces et les efforts » pour mettre un terme à ce qu’il qualifie de « tyrannie » sous Félix Tshisekedi. Le mouvement affirme vouloir employer « tous les moyens », y compris la force, en invoquant l’article 64 de la Constitution congolaise.

Cette disposition impose aux citoyens de faire échec à toute prise ou tout exercice du pouvoir par la force, en violation de la Constitution. Son invocation par le nouveau mouvement constitue un élément central de son argumentaire politique, alors même que son recours éventuel à la lutte armée soulève des questions sur la légalité et les conséquences de son action.

Joseph Kabila officialise son rapprochement avec le M23

Cette annonce donne une traduction politique et organisationnelle aux accusations portées depuis plusieurs mois contre l’ancien chef de l’État. Les autorités congolaises lui reprochent d’être le parrain de la rébellion AFC/M23. En septembre 2025, la Haute Cour militaire l’a condamné à mort par contumace, notamment pour trahison et complicité avec le mouvement rebelle.

Revenu en RDC en mai 2025 après plusieurs mois passés à l’étranger, Joseph Kabila s’était rendu à Goma, alors sous le contrôle de l’AFC/M23. Il y a depuis effectué plusieurs séjours, dans un contexte de tensions persistantes entre Kinshasa et la rébellion.

Le 9 octobre, l’ancien président avait déjà annoncé qu’il prendrait prochainement position face à la situation du pays. Estimant que ses « propositions, ses mises en garde et ses conseils ont été superbement ignorés par ceux qui gouvernent », il avait promis de partager avec la population sa vision des actions à entreprendre pour « sauver la RDC ».

Une restructuration annoncée par l’ONU

Dans son rapport publié en juin 2026, le groupe d’experts des Nations unies sur la RDC avait documenté les liens entre Joseph Kabila et le mouvement rebelle. Les experts anticipaient alors un « remaniement en profondeur de la direction et de la structure du mouvement », ajoutant que l’ancien président devait y occuper des fonctions de premier plan.

La création du FRN semble s’inscrire dans cette réorganisation annoncée. Reste à mesurer ses conséquences sur la dynamique du conflit dans l’est de la RDC, où le contrôle territorial exercé par le M23 et les affrontements avec les forces gouvernementales continuent de peser sur la sécurité des populations et les perspectives de paix.