
Romuald Wadagni, ministre de l’Économie et des Finances du Bénin
À 49 ans, Romuald Wadagni s’impose désormais comme le visage de la continuité au Bénin. Le ministre de l’Économie et des Finances, pilier de l’équipe gouvernementale depuis 2016, a été désigné dimanche candidat de la coalition présidentielle pour l’élection de 2026. Une consécration pour celui que beaucoup surnomment déjà le « dauphin » de Patrice Talon.

La décision est tombée à l’issue d’une réunion restreinte tenue dans la nuit de samedi à dimanche au domicile du chef de l’État. « Romuald Wadagni est le candidat de la majorité parlementaire et présidentielle. Il est le candidat de chacun de nous. Il est mon candidat », a affirmé Joseph Djogbenou, président de l’Union Progressiste le Renouveau (UP-R), confirmant un consensus scellé au sommet du pouvoir.
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Homme de confiance de Patrice Talon, Romuald Wadagni a gravi rapidement les échelons. Formé en France, à l’université Grenoble Alpes, puis aux États-Unis à Harvard, il a exercé au sein du prestigieux cabinet Deloitte avant d’être rappelé à Cotonou pour prendre en main les finances publiques. À son arrivée, il avait déjà la stature d’un technocrate respecté, mais aussi la réputation d’un homme d’affaires prospère.
Depuis neuf ans, il s’est imposé comme l’un des artisans de la stabilité économique du Bénin. Sous sa houlette, le pays a maintenu une croissance supérieure à 6 %, décroché de bonnes notations internationales et réussi des levées de fonds sur les marchés obligataires. Pendant la pandémie de Covid-19, il avait plaidé avec force pour une restructuration de la dette africaine, plutôt que son annulation, s’attirant l’estime des investisseurs.
Mais Romuald Wadagni ne s’est pas limité aux chiffres. Ces dernières années, Patrice Talon l’a associé à des dossiers stratégiques, notamment en matière de défense et de sécurité, un enjeu majeur face aux menaces terroristes dans le nord du pays. Cette diversification de ses responsabilités le positionne comme un homme d’État à part entière, au-delà de son profil technocratique.
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À quelques mois de la présidentielle d’avril 2026, il devra affronter un adversaire issu du parti Les Démocrates, proche de l’ancien président Yayi Boni. Mais fort du soutien unanime de la mouvance et du legs de Talon, Romuald Wadagni apparaît déjà comme l’homme sur qui repose la promesse de continuité et de modernisation.
La question n’est plus de savoir s’il est l’héritier de Patrice Talon, mais jusqu’où il saura porter cette succession.













