
La controverse n’aura laissé place à aucune indulgence. Dans le sillage de la vive agitation suscitée par une prestation jugée inappropriée lors du concert de l’artiste Himra au stade municipal de Lomé, le promoteur culturel Coco De Koffi a tranché avec fermeté : l’artiste Anodaboy est désormais persona non grata sur les scènes du CDK Group. Une décision radicale annoncée ce mardi 14 avril 2026 et qui intervient après plusieurs jours d’indignation relayée massivement sur les réseaux sociaux.
Au cœur de cette affaire, une séquence scénique devenue virale, captée lors du spectacle du 4 avril dernier. L’artiste, accompagné de ses danseuses, aurait livré une prestation jugée en décalage avec l’esprit et la vocation de l’événement. Très rapidement, la vidéo a enflammé la toile, alimentant débats et critiques dans l’opinion publique, certains dénonçant un spectacle contraire aux valeurs culturelles que les organisateurs entendent promouvoir.
Face à la polémique, le responsable du CDK Group s’est exprimé lors d’une émission radiophonique diffusée en langue locale. Il y a expliqué que la prestation incriminée s’écartait clairement de la ligne éditoriale de sa structure, laquelle se veut avant tout un cadre de valorisation culturelle et de sensibilisation de la jeunesse.
« Ce qui s’est passé avec l’artiste sur scène n’était pas l’objectif de CDK Group. Notre objectif est de sensibiliser les jeunes et de promouvoir la culture togolaise. Ce que l’artiste a fait n’est pas bon, et c’est d’ailleurs pour cette raison qu’il a présenté ses excuses », a déclaré Coco De Koffi, assumant pleinement la décision prise par son organisation.
Dans la foulée, le promoteur a confirmé que l’artiste ne figurera plus sur aucune programmation future de ses événements. Une position qu’il justifie autant par le respect du public que par la pression de l’opinion.
« Je regrette de ne plus le voir sur mes scènes. Personnellement, lorsque je l’inviterai encore, je serai critiqué par le public », a-t-il martelé, reconnaissant la délicatesse d’une décision qui, selon lui, s’impose pour préserver la crédibilité de ses initiatives culturelles.
Au-delà du cas individuel d’Anodaboy, l’épisode ravive un débat récurrent dans l’écosystème culturel togolais : celui de la frontière parfois ténue entre liberté artistique et responsabilité sociale. Dans un contexte où les contenus circulent instantanément sur les plateformes numériques et atteignent un public de plus en plus jeune, la question de l’encadrement des prestations scéniques s’impose avec une acuité particulière.
Dans cette perspective, CDK Group affirme vouloir maintenir une orientation résolument tournée vers la sensibilisation, la promotion des talents locaux et l’encouragement à l’entrepreneuriat culturel. Le promoteur assure également vouloir veiller au « respect du public, des valeurs culturelles et du cadre social », tout en poursuivant des initiatives qu’il qualifie de « responsables » et structurantes pour la jeunesse togolaise.
Bien que l’artiste ait présenté des excuses publiques, cette exclusion marque un signal fort envoyé par certains organisateurs d’événements. Elle illustre la volonté croissante d’imposer des balises éthiques dans un secteur culturel en pleine mutation, où l’équilibre entre créativité artistique et acceptabilité sociale demeure un défi permanent.













