Cybersécurité : l’ANCy renforce le bouclier numérique des médias togolais à Kpalimé

Longtemps associée aux hackers opérant derrière leurs écrans, la cybersécurité révèle aujourd’hui des vulnérabilités bien plus proches et parfois insoupçonnées. À Kpalimé, les journalistes ont été sensibilisés à cette réalité lors d’une formation dédiée à la sécurité numérique, où un exemple frappant a démontré que les menaces peuvent surgir là où l’on s’y attend le moins.
Initiée par l’Agence nationale de la cybersécurité (ANCy), cette session de renforcement des capacités réunit durant quatre jours des professionnels des médias autour des enjeux liés à la protection des données, des équipements informatiques et des sources d’information. L’objectif est de développer une véritable culture de l’hygiène numérique dans un contexte marqué par la multiplication et la sophistication croissante des cyberattaques.
Pour marquer les esprits, Tchalla Hakim, responsable Formation à Cyber Defense Africa, a présenté un scénario concret illustrant les failles auxquelles sont exposées les organisations. Selon lui, la menace ne provient pas exclusivement d’individus opérant à distance. Elle peut également émaner de personnes ayant un accès physique aux locaux.
Le spécialiste a notamment évoqué le cas d’un agent d’entretien qui, dans le cadre de ses missions quotidiennes, circule librement dans les bureaux. En l’espace de quelques secondes seulement, a-t-il expliqué, une simple clé USB connectée à un ordinateur insuffisamment sécurisé pourrait permettre la copie ou l’extraction de données stratégiques et confidentielles.
Cette démonstration visait à rappeler que la sécurité numérique repose autant sur les technologies de protection que sur les comportements humains. Contrôle des accès, gestion rigoureuse des utilisateurs, protection des postes de travail et adoption de bonnes pratiques quotidiennes constituent autant de maillons indispensables dans la chaîne de défense des rédactions.
Face à ces défis, Tchalla Hakim a invité les journalistes ainsi que les responsables d’organes de presse à intégrer les réflexes essentiels de cybersécurité dans leurs habitudes professionnelles. Il a particulièrement insisté sur le recours au chiffrement de bout en bout des informations sensibles, une mesure qui garantit leur confidentialité même lorsqu’un appareil tombe entre des mains non autorisées.
Au-delà de la protection des écosystèmes naturels ou des espaces de travail, l’environnement numérique s’impose désormais comme un patrimoine à préserver. C’est d’ailleurs l’un des messages majeurs portés par cette formation, qui ambitionne de doter les journalistes togolais des compétences nécessaires pour faire face aux nouvelles formes de menaces numériques et assurer la sécurité de leurs données comme de leurs sources.














