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Foire Adjafi 2026 : le financement au cœur des échanges entre jeunes entrepreneurs et experts

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À la Foire Adjafi, le financement des très petites, petites et moyennes entreprises (TPME) ne se résume pas à la recherche d’un prêteur. Il repose d’abord sur la capacité de l’entrepreneur à présenter un projet suffisamment structuré, documenté et crédible pour inspirer confiance aux financeurs. C’est l’un des principaux enseignements du panel consacré cet après-midi au « Financement des TPME : mécanismes, dispositifs d’appui et critères de bancabilité ».

Animée dans le cadre de la Foire Adjafi, rendez-vous dédié aux jeunes entrepreneurs, la rencontre a permis de revenir de manière concrète sur les mécanismes de financement accessibles aux entreprises, les exigences des financeurs, mais aussi les comportements qui peuvent compromettre l’accès aux ressources.

La bancabilité, une question de crédibilité

Pour Dieudonné TCHABLY, Manager du HUB d’innovation Africa Coworkers et panéliste, la bancabilité désigne avant tout l’aptitude d’une entreprise à convaincre un financeur de lui confier des ressources. Autrement dit, un projet bancable est un projet qui répond aux critères fixés par celui qui détient les fonds et qui apporte suffisamment d’éléments pour justifier la confiance accordée.

« La bancabilité, c’est tout simplement la capacité d’une entreprise à aller chercher des financements auprès d’un financeur », explique-t-il.

Cette capacité ne dépend donc pas uniquement de la pertinence d’une idée. Elle se construit à partir d’un ensemble de preuves permettant au financeur de mesurer la solidité du projet, son potentiel économique et la capacité de l’entrepreneur à gérer les ressources sollicitées.

Plusieurs voies pour financer une entreprise

Le panel a également mis en évidence la diversité des mécanismes de financement. L’entrepreneur peut notamment commencer par le bootstrapping, qui consiste à lancer et développer son activité avec ses propres ressources. L’autofinancement permet, dans la même logique, de mobiliser progressivement ses économies après avoir travaillé et épargné.

À ces solutions s’ajoutent les concours, les subventions, certains dispositifs publics de garantie, le crédit fournisseur, les prêts bancaires classiques ou encore l’ouverture du capital à de nouveaux associés.

L’enjeu, selon Dieudonné TCHABLY, consiste surtout à faire correspondre le besoin de financement avec le niveau de maturité de l’entreprise. Une jeune entreprise qui démarre n’a pas nécessairement intérêt à solliciter immédiatement une banque. À l’inverse, un projet nécessitant des montants considérables devra se tourner vers des mécanismes et des investisseurs capables de répondre à une telle ambition.

Le choix du financeur doit ainsi découler du stade de développement de l’entreprise, de la nature du projet et du montant recherché.

Quatre preuves pour rassurer les financeurs

Pour accéder au financement, l’entreprise doit également pouvoir présenter plusieurs garanties de sérieux. La première concerne les garanties susceptibles d’être exigées par le financeur. Elles peuvent être matérielles dans le cadre d’un crédit bancaire ou prendre d’autres formes lorsqu’il s’agit d’attirer des investisseurs.

La formalisation juridique constitue un autre préalable important. Une entreprise doit être légalement reconnue et disposer des documents nécessaires pour démontrer son existence.

Vient ensuite l’historique de l’activité. Les entrepreneurs doivent être en mesure de fournir des documents attestant que leur entreprise fonctionne réellement et qu’elle mène une activité identifiable.

Mais l’un des critères les plus déterminants reste la preuve de marché. Un entrepreneur doit pouvoir démontrer que son produit ou son service répond à une demande réelle et qu’il existe déjà des clients disposés à l’acheter.

« En fin de compte, le problème n’est pas uniquement de trouver de l’argent. Il faut surtout démontrer que ce que l’on va produire avec cet argent répond à une demande réelle », a souligné le panéliste.

La comptabilité s’inscrit dans cette même logique de confiance. Des comptes clairs et une bonne traçabilité permettent au financeur de comprendre l’utilisation des ressources et d’apprécier la santé financière de l’entreprise.

Les erreurs qui éloignent les financements

Le panel a aussi permis de mettre en lumière plusieurs obstacles récurrents. Le premier est le manque de traçabilité et de documents comptables. Une entreprise qui ne peut pas démontrer son activité ou expliquer clairement ses mouvements financiers aura davantage de difficultés à rassurer un financeur.

Le manque d’information constitue une autre faiblesse. Les entrepreneurs doivent être capables d’identifier les programmes disponibles, les structures qui les proposent et les conditions d’éligibilité. Les opportunités de financement ne viennent pas toujours spontanément : elles nécessitent une démarche active de recherche.

À cela s’ajoutent le manque de confiance en soi, l’insuffisance de formation et la tendance à vouloir tout gérer seul. Pour le responsable d’Africa Coworkers, l’accompagnement et le renforcement des compétences peuvent précisément permettre aux entrepreneurs de mieux comprendre les mécanismes financiers et de corriger leurs lacunes.

Le Panel

La constitution d’une équipe compétente et le recours à des structures spécialisées peuvent également faire la différence. Cabinets, structures d’accompagnement et professionnels peuvent aider à identifier les faiblesses d’un projet, à améliorer son modèle économique et à mieux préparer un dossier de financement.

L’agriculture et les start-ups au cœur des échanges

Abdel-Halim Touré, économiste et spécialiste en finances islamiques, partenaire de la Foire ADJAFI sur le volet scientifique a insisté sur la nécessité de structurer les petites entreprises engagées dans l’innovation et l’industrialisation afin de créer un climat de confiance avec les bailleurs et partenaires financiers.

Les échanges ont également associé différents profils d’experts, notamment la Direction de l’entrepreneuriat et du financement agricole (DEFA), venue présenter les mécanismes spécifiques destinés au financement de l’entrepreneuriat agricole. Une société d’accompagnement d’entreprises (SAE) a, pour sa part, abordé les solutions pouvant intéresser les start-ups et les petites entreprises encore à la recherche d’un modèle économique viable.

Pour Abdel-Halim Touré, cette diversité d’intervenants a permis d’aborder le financement sous plusieurs angles et de rester en cohérence avec les orientations stratégiques de la Foire Adjafi.

Un Espace Finance Business annoncé pour septembre

Le panel ne devrait toutefois pas rester au stade des échanges. Une nouvelle initiative est annoncée pour prolonger concrètement les discussions : l’Espace Finance Business de la Foire Adjafi, prévu du 1er au 3 septembre 2026.

L’objectif sera de mettre en relation les entrepreneurs avec des structures d’accompagnement, des banques et des cabinets spécialisés. Les porteurs de projets pourront faire examiner leurs dossiers, bénéficier de conseils techniques et être orientés vers les interlocuteurs les plus adaptés à leurs besoins.

Le dispositif devrait notamment permettre de travailler sur les plans d’affaires et sur plusieurs fonctions essentielles de l’entreprise afin de renforcer la qualité des dossiers présentés aux financeurs.

Ainsi, au-delà de la recherche de capitaux, le message porté par ce panel est clair : avant de demander un financement, l’entrepreneur doit travailler à rendre son entreprise lisible, crédible et structurée. La bancabilité apparaît dès lors moins comme une simple formalité administrative que comme le résultat d’un processus de professionnalisation.