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Côte d’Ivoire : trois Togolais tombent dans les filets des forces de sécurité sur un site d’orpaillage

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La lutte contre l’orpaillage clandestin prend une nouvelle dimension en Côte d’Ivoire. Depuis le 22 août 2026, les forces de sécurité ivoiriennes multiplient les opérations contre les exploitations minières illégales, avec à la clé la destruction de nombreuses installations, la saisie d’importants équipements et l’interpellation de plusieurs suspects. Parmi les personnes arrêtées figurent trois ressortissants togolais.

À Zaranou, dans le cadre d’une opération menée le dimanche 23 août par la Brigade spéciale de surveillance et d’intervention (BSSI) du ministère des Eaux et Forêts, cinq présumés orpailleurs clandestins ont été appréhendés. Le groupe est composé de trois Togolais et de deux Burkinabè. Il s’agit de N.S. et W.I., dont les âges n’ont pas été précisés, ainsi que de B.K., 27 ans, côté togolais ; S.A.S., 25 ans, et M.A.R., 24 ans, pour les ressortissants burkinabè.

Les cinq personnes interpellées ont été déférées devant les autorités judiciaires compétentes. Une procédure qui illustre la fermeté affichée par les autorités ivoiriennes face à l’exploitation frauduleuse des ressources minières.

Plusieurs sites clandestins démantelés

Cette offensive contre l’orpaillage illégal ne s’est toutefois pas limitée à Zaranou. Les éléments de l’Escadron de gendarmerie mobile d’Adzopé et de la brigade de Yakassé-Attobrou ont également conduit des opérations sur quatre sites clandestins.

Ces interventions ont permis de neutraliser de nombreuses infrastructures utilisées pour l’extraction, le concassage et le lavage du minerai. Au total, les forces engagées dans ces opérations ont notamment mis hors d’usage 64 motopompes, 56 concasseurs, 42 raccords, 29 abris de fortune, 22 laveries ainsi que deux motocyclettes.

Derrière ces chiffres se dessine l’ampleur des moyens déployés par les réseaux d’orpaillage clandestin. Motopompes, concasseurs, dispositifs de lavage et installations précaires constituent autant d’outils nécessaires au fonctionnement de ces exploitations, souvent implantées dans des zones difficiles d’accès.

Un arsenal conséquent détruit à Zaranou

À Zaranou, le démantèlement a révélé un dispositif particulièrement important. Les agents de la BSSI ont procédé à la destruction de 189 motopompes, 23 concasseurs, 28 laveries, 70 tapis de lavage, 243 raccords et 59 abris de fortune.

À ces destructions s’ajoutent plusieurs matériels saisis, notamment huit motos et 82 bouteilles de gaz B6. L’opération a ainsi porté un coup significatif aux activités clandestines qui s’étaient structurées sur le site.

Au-delà de la dimension sécuritaire, ces interventions traduisent surtout la volonté des autorités ivoiriennes de reprendre le contrôle des espaces affectés par l’exploitation minière illicite et de réduire les conséquences environnementales qui en découlent.

Un phénomène aux ramifications sous-régionales

L’affaire de Zaranou met également en évidence le caractère transfrontalier de l’orpaillage clandestin en Afrique de l’Ouest. La perspective de revenus rapides pousse de nombreux jeunes à rejoindre des sites miniers informels, parfois loin de leur pays d’origine.

Cette mobilité expose les intéressés à de multiples dangers : accidents liés aux conditions précaires d’exploitation, effondrements, exposition à des substances dangereuses, exploitation de la main-d’œuvre, conflits avec les populations locales ou encore démêlés avec les forces de sécurité.

S’y ajoute une lourde facture environnementale. La dégradation des sols, la pollution des cours d’eau et la destruction des espaces naturels figurent parmi les conséquences régulièrement associées à l’exploitation aurifère clandestine.

Trois ressortissants togolais interpellés

L’arrestation des trois Togolais en Côte d’Ivoire constitue ainsi un signal à l’endroit des ressortissants qui pourraient être tentés par cette activité illégale. Les autorités ivoiriennes entendent manifestement resserrer l’étau autour des réseaux d’orpaillage clandestin et de ceux qui y prennent part.

Pour les familles des personnes interpellées, cette situation est naturellement source d’inquiétude. Elle rappelle aussi la nécessité d’une sensibilisation accrue des populations, notamment des jeunes, sur les risques liés à l’exercice d’activités illégales à l’étranger.

La multiplication des opérations de démantèlement en Côte d’Ivoire montre, en définitive, que la lutte contre l’orpaillage clandestin dépasse désormais la seule question de l’exploitation minière. Elle s’inscrit dans un enjeu plus vaste de protection de l’environnement, de préservation des ressources naturelles, de sécurité et de coopération entre les États de la sous-région.

Avec Actu Lomé

Crédit Photo Actu Lomé