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Gentiny Ngobila : « Le développement de notre pays ne se décrète pas. Il se construit. »

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Le développement du Congo ne se gagnera pas uniquement dans les discours, les institutions ou l’exploitation de ses ressources naturelles. Il se joue aussi dans la capacité des Congolais à entreprendre, à produire et à consommer ce qui est fabriqué dans leur propre pays. C’est autour de cette conviction que le sénateur Gentiny Ngobila Mbaka a construit son intervention, samedi 5 septembre 2026, à Silikin Village, devant des jeunes réunis à l’occasion de la 3ᵉ édition du Forum de la Jeunesse.

Invité par Congo Avenir, département de JNC (Je suis Ngobila par conviction), structure d’appui de l’ACP, le Président National de l’ACP et de JNC a placé l’entrepreneuriat et la souveraineté économique au cœur de son message. S’appuyant sur son propre parcours, lui qui affirme avoir commencé à entreprendre dès l’âge de 18 ans, il a invité la jeunesse à rompre avec l’attentisme et à considérer l’initiative privée comme l’un des leviers du développement national.

Gentiny Ngobila

Face aux jeunes entrepreneurs, Gentiny Ngobila s’est notamment attaqué à une idée qui, selon lui, continue de décourager de nombreux porteurs de projets : celle selon laquelle il faudrait nécessairement disposer d’importants moyens financiers avant de se lancer.

« Certaines personnes disent que l’argent appelle l’argent. Moi, je dis : ce sont les projets qui appellent l’argent », a-t-il affirmé.

Pour le sénateur, la réussite entrepreneuriale commence moins par le volume du capital disponible que par la pertinence du projet. Identifier un besoin, étudier son marché, proposer une réponse adaptée et avancer progressivement constituent, à ses yeux, les premières étapes d’une activité viable.

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Commencer petit ne signifie donc pas penser petit. L’entrepreneur doit être capable de maîtriser sa gestion, de réinvestir ses revenus, de renforcer continuellement ses compétences et de faire preuve de discipline et de persévérance. À cette exigence économique s’ajoute une autre, présentée comme fondamentale : l’intégrité.

Faire de la consommation un levier économique

Mais pour Gentiny Ngobila, la transformation économique du Congo ne repose pas seulement sur ceux qui créent les entreprises. Elle dépend également de ceux qui achètent leurs produits.

Le sénateur a ainsi présenté la consommation locale comme un véritable choix économique et national. « Chaque achat fait quelque part pour consommer congolais est un bulletin de vote économique. Et la question est simple : pour qui votez-vous ? », a-t-il lancé.

Derrière cette formule, il défend l’idée que chaque achat effectué auprès d’une entreprise locale peut contribuer à maintenir une activité, soutenir un entrepreneur et favoriser la création d’emplois. Consommer congolais ne devrait donc pas rester un simple slogan associé au Made in Congo.

« Consommer congolais […] c’est un acte de souveraineté », a-t-il insisté.

Cette approche replace les habitudes de consommation au cœur du débat sur l’indépendance économique. Pour le sénateur, un pays ne peut durablement renforcer son économie s’il dépend largement de l’extérieur pour satisfaire les besoins de sa population alors même qu’il dispose de ressources et de compétences susceptibles d’alimenter une production nationale.

La richesse du Congo ne se résume pas à son sous-sol

Dans un pays souvent présenté à travers l’abondance de ses ressources minières, Gentiny Ngobila propose également de déplacer le regard vers le capital humain.

« La plus grande richesse du monde, c’est l’homme. […] La deuxième plus grande richesse du monde, c’est l’organisation », a-t-il déclaré.

Cette conception s’inscrit dans la vision du « Progrès partagé » défendue par l’ACP. Les ressources naturelles, la croissance économique et les investissements ne prennent pleinement leur sens, selon cette approche, que lorsqu’ils se traduisent par des emplois, de la création de valeur et une amélioration des conditions de vie.

Gentiny Ngobila distingué par une université internationale

L’enjeu consiste dès lors à renforcer les capacités du pays à produire et à transformer localement. Agriculture, agro-industrie, numérique, énergie, construction, transport, services ou transformation des matières premières : autant de secteurs dans lesquels les jeunes peuvent, selon lui, prendre une place plus importante.

Le principe qu’il a voulu transmettre tient en une phrase : « Aucun peuple ne s’est enrichi en consommant ce qu’il ne produit pas. »

De l’attente d’un emploi à la création d’opportunités

Le message de Gentiny Ngobila ne se limite toutefois pas à un appel à entreprendre. Il invite plus largement à changer de rapport au travail et à l’emploi.

Devant les jeunes, il a insisté sur les réalités inhérentes à l’entrepreneuriat : le risque, l’échec, la nécessité de se former, la discipline et la persévérance. Créer une entreprise ne garantit pas immédiatement la réussite. Mais l’initiative peut permettre de passer progressivement du statut de demandeur d’emploi à celui de créateur d’activité et, à terme, de pourvoyeur d’emplois.

C’est dans cette transformation des mentalités que le sénateur situe une partie de la bataille du développement. Celle-ci ne se déroule pas seulement dans les institutions. Elle se joue également dans les champs, les ateliers, les bureaux, les entreprises, les start-up et les unités de transformation.

L’enjeu est ainsi de faire de l’entrepreneuriat un instrument de création de valeur et de faire de la production locale un pilier de la souveraineté économique.

Gentiny Ngobila

Au terme de son intervention, Gentiny Ngobila a résumé cette philosophie en une formule qui donne également son sens à son message adressé à la jeunesse : « le développement de notre pays ne se décrète pas. Il se construit. »

Une construction qui commence par les idées, se poursuit avec les projets, se consolide par les entreprises et trouve son prolongement dans les choix de consommation. Pour le sénateur, c’est à cette chaîne d’entreprendre, produire, créer des emplois et consommer local, que le Congo doit désormais donner davantage de force pour transformer son potentiel en progrès concret.

Avec : ACTU NGOLO