Café-cacao : le Togo ouvre une nouvelle campagne sous le signe de la qualité et de la traçabilité

À Kpalimé, dans la préfecture de Kloto, les autorités ont officiellement donné le coup d’envoi, vendredi 4 septembre 2026, de la campagne de commercialisation du café et du cacao 2026-2027, avec une ambition clairement affichée : consolider la qualité des produits, assainir les circuits de commercialisation et renforcer la compétitivité des acteurs nationaux.
Prévue pour entrer effectivement dans sa phase opérationnelle le 1er octobre prochain, cette nouvelle campagne repose sur quatre exigences majeures : qualité, transparence, traçabilité et professionnalisation. L’objectif est de mieux encadrer les transactions, de sécuriser les intérêts des producteurs et de positionner durablement le café et le cacao togolais sur les marchés nationaux et internationaux.

Présidant la cérémonie, le ministre de l’Économie et de la Veille stratégique, Badanam Patoki, a exhorté l’ensemble de la chaîne de valeur à faire preuve de rigueur dans l’application des règles commerciales. Producteurs, acheteurs, transformateurs et exportateurs sont ainsi appelés à renforcer leur coopération et à se conformer strictement aux procédures établies.
Le ministre a, dans le même temps, tiré la sonnette d’alarme sur la présence d’acteurs non enregistrés dans certaines zones de production cacaoyère, notamment dans la Litimé. Cette intrusion, selon lui, pourrait désorganiser les mécanismes de commercialisation, exercer une pression sur les prix et, à terme, compromettre la qualité et la crédibilité des produits mis sur le marché.
Des volumes en progression, mais des défis persistants
Les performances enregistrées en 2025 témoignent néanmoins d’une dynamique favorable. Selon les données du ministère de l’Agriculture, la production nationale s’est établie à 30 472 tonnes de café et 23 084 tonnes de cacao, soit des hausses respectives de 2,5 % et 7 % par rapport à 2024.
Cette progression s’inscrit notamment dans le sillage des interventions du Programme de Modernisation de l’Agriculture du Togo (ProMAT 2025-2034). À travers la mise à disposition d’engrais, de matériel végétal et l’accompagnement technique des exploitants, le programme contribue à soutenir la productivité et à améliorer les conditions de production.
Mais au-delà des volumes, la bataille se joue désormais sur la qualité et la capacité du Togo à répondre aux standards des marchés internationaux. La campagne 2026-2027 devra ainsi accélérer les efforts engagés en matière de traçabilité et de géolocalisation des plantations, devenues des exigences déterminantes dans le commerce mondial du cacao et du café. Cette orientation doit notamment permettre au pays de mieux se conformer aux nouvelles normes internationales, dont celles découlant du Règlement européen sur la déforestation.
La transformation locale au cœur de la stratégie
La recherche de qualité ne se limite pas aux plantations. Elle concerne également le traitement des récoltes après leur collecte. À cet égard, le ministre Badanam Patoki a salué la mise en place des centres de traitement post-récolte d’excellence de Kessibo-Abréwankor et de Mpoti, inaugurés respectivement en mai et juin 2026.
Ces infrastructures doivent contribuer à améliorer les opérations post-récolte, étape déterminante dans la préservation des caractéristiques du cacao et dans l’obtention d’un produit répondant aux exigences des marchés. Elles traduisent également la volonté de renforcer progressivement la maîtrise de la chaîne de valeur.
Pour le secrétaire général du Comité de Coordination pour les Filières Café et Cacao (CCFCC), Enselme Gouthon, l’enjeu dépasse toutefois la seule amélioration de la production. La transformation locale constitue, selon lui, un instrument majeur de création de valeur ajoutée et d’amélioration des revenus des producteurs. Il invite également ces derniers à consolider leurs organisations afin de disposer d’une capacité de négociation plus forte et de mieux défendre leurs intérêts commerciaux.
Une campagne placée sous le signe de la structuration
Organisée par le CCFCC, la cérémonie de lancement s’inscrit dans la mise en œuvre des Plans de développement des filières Café et Cacao (PDCC), adoptés en octobre 2024. Elle revêt par ailleurs une dimension particulière puisqu’elle intervient à l’occasion du 30ᵉ anniversaire du Comité.
Les résultats de la campagne précédente montrent toutefois l’ampleur des efforts qui restent à accomplir. Trente-neuf opérateurs économiques avaient participé aux opérations de commercialisation, avec 2 576 tonnes de café et 8 841 tonnes de cacao exportées. Ces volumes sont en recul par rapport à la campagne antérieure, qui avait enregistré respectivement 4 313 tonnes de café et 24 625 tonnes de cacao exportées.
Malgré ces fluctuations, le café et le cacao demeurent des piliers importants de l’économie agricole togolaise. Les deux filières regroupent près de 34 000 producteurs et couvrent environ 47 700 hectares consacrés au café et 33 900 hectares au cacao, principalement dans les régions des Plateaux et de la Centrale.

Pour la campagne 2026-2027, les autorités misent donc sur une chaîne de valeur mieux organisée, davantage contrôlée et plus compétitive. La discipline commerciale, la transparence des opérations, la traçabilité des produits et le respect des procédures sont présentés comme les conditions indispensables pour consolider la position du café et du cacao togolais, tout en garantissant une meilleure protection des intérêts des producteurs.














