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Togo : Richard Aziague choisit de célébrer les journalistes de leur vivant

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Et si les journalistes avaient droit, eux aussi, aux hommages avant leur disparition ? C’est le pari de Richard Aziague. Depuis plusieurs semaines, le journaliste togolais multiplie sur Facebook les portraits de confrères et consœurs, mettant en lumière leurs parcours, leurs qualités professionnelles et leur contribution à l’histoire du paysage médiatique national.

L’initiative tranche avec une habitude bien ancrée dans le milieu : attendre la disparition d’un professionnel des médias pour revenir sur sa carrière, saluer son engagement et mesurer son apport à la profession. Richard Aziague, lui, entend inverser cette logique. Son mot d’ordre : reconnaître les journalistes pendant qu’ils sont encore là pour recevoir ces témoignages.

La démarche prolonge son concept JeRefuseDEcrireRIPSousLaPhotoDUnConfrère, devenu une forme de plaidoyer pour une reconnaissance anticipée des professionnels de l’information. À travers ses publications, le journaliste raconte les trajectoires, les combats et les réussites de celles et ceux qui, souvent dans l’ombre, consacrent leur quotidien à informer le public.

Une initiative qui bouscule les habitudes

Dans un secteur où la concurrence entre médias, les rivalités professionnelles et les incompréhensions peuvent parfois prendre le dessus sur la solidarité, cette série de portraits installe un autre regard sur la profession.

Les réactions suscitées par les publications de Richard Aziague témoignent de l’impact de la démarche. Plusieurs journalistes ont publiquement salué le geste, soulignant la rareté de ces marques de reconnaissance lorsqu’elles interviennent du vivant des intéressés.

« Merci Richard Aziague. Merci pour la pensée positive. C’est assez rare par ici. Au moins tu as opté pour mon vivant. Je suis reconnaissant frère », écrit Florent Attiogbé.

Maxime Domegni salue également l’initiative : « Merci beaucoup à toi Richard Aziague pour tes efforts de rendre hommage aux confrères/consoeurs. Ne serait-ce que pour ça, tu mérites un gros hommage également. »

Même tonalité chez Kel Hamid Lorenzo, qui souligne la portée particulière de ces témoignages : « Ce n’est pas tous les jours que nous recevons des hommages, malgré la complexité de ce travail qui est avant tout une passion ! Venant de quelqu’un comme toi, dont je respecte le parcours et la résilience, cela me touche profondément. »

Pour lui, cette initiative rappelle aussi les difficultés auxquelles sont confrontés les professionnels des médias au fil des années. « Force à tous les confrères et consœurs pour qui les réalités de ce métier tentent, au fil des années, de tuer la passion », poursuit-il, avant de remercier Richard Aziague pour cet exercice consacré aux « frères d’armes ».

« Derrière chaque journaliste, il y a une histoire »

Pour Richard Aziague, l’objectif dépasse le simple exercice de portrait. Il s’agit de replacer l’humain au cœur d’une profession essentiellement tournée vers les autres.

« Nous écrivons souvent sur les autres, mais très rarement sur ceux qui consacrent leur vie à informer. J’ai voulu rappeler que derrière chaque journaliste, il y a une histoire, des sacrifices et un parcours inspirant », explique-t-il.

Sa philosophie tient en une formule : « Je préfère célébrer un confrère lorsqu’il peut lire lui-même les mots écrits sur son parcours plutôt que d’attendre le moment des hommages posthumes. »

Une position qui donne à son initiative une dimension particulière : celle d’une mémoire vivante du journalisme togolais, construite non pas dans le registre funéraire, mais dans celui de la reconnaissance, de la transmission et de la confraternité.

Près de 15 ans dans les médias

Cette démarche s’inscrit dans un parcours professionnel de près de quinze années. Richard Aziague fait ses premiers pas dans les médias à Légende FM, où il évolue entre 2011 et 2013. En 2014, il rejoint L’Indépendant Express, quotidien au sein duquel il gravit progressivement les échelons jusqu’à devenir rédacteur en chef.

En 2016, il intègre également Pyramide FM, poursuivant ainsi une trajectoire qui l’amène à évoluer à la fois dans la presse écrite et dans l’univers radiophonique.

Son expérience s’est également construite au-delà du Togo, avec des collaborations notamment avec Express24.net au Luxembourg et LGF Média en Guinée.

Engagé dans les questions relatives aux droits humains, Richard Aziague préside par ailleurs l’association Journalistes pour les Droits de l’Homme (JDHO). Il est également directeur de l’Information et de la Communication du Festival Togo Media Foot.

À cette activité journalistique s’ajoute une dimension entrepreneuriale, avec la promotion de la marque vestimentaire FM.

Mais ces derniers mois, c’est surtout par ses portraits de journalistes que Richard Aziague s’est distingué. Une initiative qui pose, en creux, une question simple mais essentielle : pourquoi attendre la disparition d’un professionnel pour raconter ce qu’il a apporté à son métier ?

En choisissant de célébrer ses confrères de leur vivant, Richard Aziague entend apporter une autre réponse : celle d’une profession capable de reconnaître ses propres acteurs avant que le silence ne remplace leurs voix.

Avec Grand Reporter