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Ousmane Sonko : « Monsieur Trump n’est pas un homme de paix »

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La sortie est aussi frontale que retentissante. Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a vivement dénoncé la politique étrangère du président américain Donald Trump, qu’il accuse d’avoir précipité la planète dans un « chaos » injustifiable après les bombardements menés contre l’Iran. Une déclaration au ton résolument offensif, prononcée le 9 avril à Dakar, qui s’inscrit dans un plaidoyer plus large en faveur de la souveraineté des peuples et d’un nouvel équilibre des relations internationales.

C’est dans l’enceinte du Musée des Civilisations noires, lors d’une conférence consacrée aux enjeux d’autonomie et de souveraineté africaines, que le chef du gouvernement sénégalais a livré une charge particulièrement sévère contre l’interventionnisme occidental. Face au géopolitologue Pascal Boniface, il a dressé un réquisitoire sans détour contre ce qu’il considère comme une succession d’ingérences militaires inefficaces et déstabilisatrices.

Deux jours après l’annonce d’un cessez-le-feu entre Washington et Téhéran, Ousmane Sonko a contesté avec fermeté les justifications avancées par l’administration américaine pour intervenir militairement en Iran. Selon lui, les objectifs affichés, à savoir renverser le régime des mollahs, neutraliser les capacités balistiques iraniennes et empêcher toute perspective de programme nucléaire de la République islamique, n’ont tout simplement pas été atteints. Cette guerre, estime-t-il, n’a produit ni stabilité ni sécurité, mais a plutôt aggravé les tensions internationales.

Le Premier ministre sénégalais a alors porté l’attaque au cœur de la doctrine politique du dirigeant américain. « Monsieur Trump n’est pas un homme de paix », a-t-il lancé, avant d’ajouter qu’il s’agit au contraire d’« un homme de déstabilisation ». À ses yeux, les semaines de bombardements et le déploiement massif de forces militaires ont plongé la planète « dans un chaos que rien ne justifie ».

Au-delà du seul cas iranien, Ousmane Sonko a élargi sa critique à l’ensemble de l’histoire récente des interventions américaines à travers le monde. Il a évoqué plusieurs épisodes marquants, de la Guerre du Vietnam au Bataille de Mogadiscio, pour illustrer ce qu’il considère comme une constante dans la stratégie de Washington : l’imposition de solutions politiques par la force.

Dans cette perspective, le chef du gouvernement sénégalais a dénoncé une logique qu’il juge incompatible avec les principes du droit international. « Les États-Unis n’ont pas à décider pour les autres peuples », a-t-il martelé, regrettant par ailleurs le silence ou la timidité de certaines puissances occidentales face à ce qu’il qualifie de « violation du droit international ».

Au final, cette prise de position s’inscrit dans la vision diplomatique défendue par Ousmane Sonko : celle d’un monde multipolaire où les nations, notamment africaines, affirment leur souveraineté et refusent toute tutelle géopolitique. Une ligne politique qui traduit la volonté croissante, sur le continent, de redéfinir les rapports avec les grandes puissances.