
À Lomé, du 18 au 20 mai 2026, l’Afrique économique se rassemble une nouvelle fois sous les projecteurs des grandes ambitions continentales. Mais derrière les discours d’optimisme, une mise en garde cingle comme une alarme historique : la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) risque de sombrer dans l’oubli institutionnel, à l’image du NEPAD, si rien ne change dans la méthode. Une alerte sans détour portée par le MMLK et l’IPRA.
Dans leur communiqué conjoint, les deux organisations frappent fort dès l’entame : « L’initiative est saluée. Mais l’histoire nous regarde. » Une formule qui résume la gravité du moment. Car pour les deux structures, l’Afrique rejoue un scénario déjà connu. Celui du NEPAD lancé en 2001, porté par de grandes promesses d’intégration et de souveraineté, mais aujourd’hui relégué dans les marges de la mémoire collective. « Trop de promesses, trop peu d’actes », rappellent-elles sans détour.
Plus inquiétant encore, les mécanismes actuels de la ZLECAf reproduiraient les mêmes blocages structurels. Le communiqué dénonce « des sommets sans calendrier contraignant », des « traités signés, mais sabotés aux frontières », et une intégration économique qui « profite aux marchandises étrangères, pas aux producteurs africains ». À cela s’ajoutent les entraves quotidiennes : « 50 contrôles sur 500 km », illustrant une circulation intra-africaine encore paralysée par des barrières invisibles mais bien réelles.
Sur le plan économique, le diagnostic est tout aussi sévère. L’Afrique continue d’exporter ses matières premières à l’état brut pour ensuite racheter des produits finis à forte valeur ajoutée. Une logique que les auteurs du communiqué jugent suicidaire pour le développement du continent. Ils pointent également « l’absence de sanctions lorsque des États ferment illégalement leurs frontières », traduisant une intégration sans véritable autorité supranationale.
Pour briser ce cycle, le MMLK et l’IPRA appellent à des engagements concrets et datés. Leur message aux dirigeants est sans ambiguïté : « Ne repartez pas avec un communiqué de plus pour distraire les peuples ! » Ils exigent trois mesures structurantes : un visa unique africain et des corridors fluides d’ici 2028, la transformation obligatoire des matières premières sur le continent d’ici 2030, et la création d’une Cour africaine du commerce aux décisions contraignantes.
« Ceux qui seront à Lomé du 18 au 20 mai 2026 décideront si l’Afrique prend son destin en main. L’heure n’est plus aux discours. L’heure est aux actes. Berlin divise pour régner. Lomé dit unir pour régner », conclut le communiqué.














