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Fête du travail 2026 : SYNBANK et SYNASSUR appellent à des réformes structurantes

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SYNBANK-SYNASSUR- Sous le vernis festif du 1er mai, une réalité plus exigeante s’impose : celle d’un secteur financier en pleine mutation, sommé de conjuguer performance, éthique et stabilité sociale. Banquiers, assureurs et cadres des établissements financiers togolais n’ont pas seulement célébré la Journée internationale des travailleurs ; ils ont transformé cette tribune en un puissant levier de revendications, d’analyses et de projections stratégiques.

À l’initiative des syndicats SYNBANK et SYNASSUR, l’édition 2026, placée sous le thème « Dialogue social et travail, des facteurs de paix, de cohésion nationale et de développement », a mis en lumière une ambition collective. Celle de bâtir un environnement professionnel plus équitable et sécurisé. Cette orientation traduit une prise de conscience accrue du rôle central que joue le secteur financier dans la consolidation de l’économie nationale et dans la préservation de la stabilité sociale.

La mobilisation s’est illustrée à travers une marche symbolique dans les principales artères de Lomé. Du siège d’Oragroup à Assivito jusqu’à celui de BIA Togo, en passant par des axes stratégiques de la capitale, le cortège a incarné une démonstration de solidarité et de cohésion. Cette présence dans l’espace public a renforcé la portée des messages portés par les travailleurs.

Prenant la parole, le secrétaire général du SYNBANK, Awoula Yati Baba, a réaffirmé « l’engagement des employés à contribuer activement au développement du secteur financier et à celui du pays ». Cette déclaration souligne la volonté des travailleurs de demeurer des acteurs clés de la croissance économique. Toutefois, il a également alerté sur la montée des contrats d’intérim. Selon lui, « ces pratiques ne garantissent pas suffisamment la confidentialité des informations financières et fragilisent les conditions d’emploi ». Cette analyse met en évidence un risque réel pour la crédibilité des institutions financières. La précarisation de l’emploi peut en effet affaiblir la rigueur professionnelle et exposer davantage le secteur à des vulnérabilités structurelles.

Dans cette dynamique, il a plaidé pour la création d’un fonds commun destiné au renforcement des capacités. Une telle initiative permettrait d’investir durablement dans le capital humain, considéré comme le socle de toute performance. Il a également insisté sur la nécessité d’une application rigoureuse des dispositions liées à l’Assurance maladie universelle. Cette exigence traduit une volonté de garantir une meilleure protection sociale aux աշխատants, condition essentielle pour une productivité soutenue.

Le secrétaire général du SYNASSUR, Rico Mabudu, a pour sa part mis l’accent sur l’exigence d’éthique et de professionnalisme. « C’est à travers cette posture professionnelle que les travailleurs contribueront à consolider les acquis sociaux et à garantir la prospérité durable des institutions », a-t-il déclaré. Cette position rappelle que la solidité du secteur repose aussi sur l’intégrité des pratiques. La prévention des fraudes et des conflits d’intérêts apparaît ainsi comme un impératif dans un environnement marqué par des risques croissants.

Du côté du patronat, le discours s’est voulu lucide. Le président de l’APBEF Togo, Guy Martial Awona, a évoqué plusieurs défis majeurs. Les pressions inflationnistes liées aux fluctuations internationales, la montée de la cybercriminalité et les difficultés de financement de l’économie constituent autant d’obstacles à surmonter. Ces contraintes impactent directement la capacité des institutions à accompagner efficacement des secteurs clés comme l’agriculture et les PME, pourtant essentiels à la croissance nationale.

Dans le même temps, il a présenté le nouveau bureau exécutif de l’APBEF Togo, renforcé par des responsables de Bank of Africa, Coris Bank International et Ecobank. Cette recomposition traduit une volonté d’unir les compétences pour mieux répondre aux enjeux actuels et futurs.

Au terme de cette célébration, une convergence nette se dégage. Le dialogue social s’impose comme un levier stratégique incontournable. Dans un contexte économique exigeant, la transformation des revendications en actions concrètes apparaît indispensable pour construire un secteur financier plus résilient, plus inclusif et durablement orienté vers le développement du Togo.