
La modernisation du système de santé togolais franchit un nouveau cap. L’Institut National d’Assurance Maladie (INAM) a officiellement levé le voile, mardi 21 avril 2026, sur ses services numériques et sur la nouvelle carte à puce sécurisée AMU-INAM. Une innovation technologique qui promet de transformer en profondeur l’accès aux prestations de l’Assurance Maladie Universelle (AMU) et de mettre un terme à de longues procédures administratives souvent fastidieuses pour les assurés.
La cérémonie de lancement, organisée en présence du ministre de la Santé, de plusieurs membres du gouvernement, du Directeur général de l’INAM ainsi que du Directeur général de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), a également été marquée par la remise symbolique des premières cartes au Président du Conseil et à certains membres de l’exécutif.
Au-delà de l’objet physique, les responsables de l’institution insistent surtout sur la transformation digitale qui accompagne cette réforme. L’objectif est clair : simplifier radicalement les démarches administratives et rapprocher davantage le service public des usagers.
Interrogé sur la portée de cette innovation, le Directeur général de l’INAM, Justin Tchilabalo Pilante, a tenu à préciser que la véritable révolution réside dans la dématérialisation des procédures. « Il ne s’agit pas seulement de la carte en elle-même. L’innovation essentielle réside surtout dans les services en ligne. Désormais, tout assuré de l’INAM peut effectuer sa demande de carte à distance, via ce que nous appelons la demande d’immatriculation en ligne », a-t-il expliqué.
Concrètement, cette plateforme numérique met fin à un parcours administratif jusque-là entièrement physique. Jadis, un nouvel agent public – qu’il soit enseignant, militaire ou policier – devait remplir plusieurs formulaires et se rendre dans un centre de l’INAM pour déposer son dossier. Désormais, cette étape appartient au passé.
« Aujourd’hui, depuis chez lui ou depuis son bureau, avec un appareil connecté, l’usager peut se rendre sur la plateforme amu.inam.tg, remplir le formulaire, joindre les pièces nécessaires et soumettre sa demande en ligne », a détaillé le directeur général. « Ensuite, nos services prennent le relais et la carte est produite puis livrée au point indiqué par l’usager lors de sa demande », a-t-il ajouté.
Dans un premier temps, cette nouvelle procédure concerne principalement les nouveaux adhérents qui ne disposent pas encore d’un numéro d’immatriculation à l’INAM. Les agents récemment recrutés dans la fonction publique, notamment dans le secteur de la santé, figurent parmi les premiers bénéficiaires du dispositif.
Les assurés déjà détenteurs d’une ancienne carte devront, pour l’instant, continuer à l’utiliser. Une opération progressive de remplacement sera organisée ultérieurement, ont précisé les responsables de l’institution.
Au plan technologique, la nouvelle carte AMU-INAM s’appuie sur un système compatible avec celui de la CNSS, ce qui ouvre la voie à une véritable interopérabilité entre les deux structures. « Cette nouvelle carte s’aligne sur la technologie utilisée par la CNSS, qui gère le secteur privé. Cela permet une interopérabilité entre les deux institutions », a souligné Justin Tchilabalo Pilante.
Cette interconnexion permettra notamment de partager certaines données afin d’éviter les doubles immatriculations et de renforcer les mécanismes de détection des fraudes.
Dans les centres de santé, la carte pourra être lue grâce à des terminaux électroniques, garantissant une identification rapide et sécurisée des bénéficiaires. « La carte permet une identification automatisée dans les centres de santé grâce à des terminaux de lecture. Cela garantit que le détenteur est bien le bénéficiaire légitime et qu’il est éligible aux prestations de l’AMU », a précisé le directeur général.
À terme, ce système pourrait également s’interconnecter avec d’autres institutions, notamment les banques, afin de renforcer l’efficacité et la fluidité des services proposés aux assurés.
Avec cette digitalisation et l’introduction d’une carte intelligente, l’INAM engage ainsi une nouvelle étape dans la modernisation de l’Assurance Maladie Universelle au Togo, avec l’ambition d’offrir aux assurés des services plus rapides, plus transparents et davantage adaptés aux exigences d’un service public moderne.












