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Bénin : les grandes annonces de Romuald Wadagni après son investiture

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Dans un discours d’investiture à forte portée politique et économique, Romuald Wadagni a ouvert une nouvelle page institutionnelle en plaçant l’impact réel de la croissance sur la vie quotidienne des citoyens au centre de son action. Devant un parterre de hautes personnalités réunies au Palais des Congrès de Cotonou, le nouveau chef de l’État a esquissé une gouvernance orientée vers les résultats sociaux, tout en assumant une ligne de fermeté face aux défis sécuritaires qui fragilisent la sous-région.

« Notre économie a progressé, c’est une réalité. Mais nous savons tous qu’une croissance nationale n’a de sens que lorsqu’elle devient visible dans la vie ordinaire des populations », a-t-il déclaré, posant ainsi les bases d’un mandat qu’il veut concret, mesurable et inclusif. Cette orientation marque une volonté de transformer les indicateurs macroéconomiques en amélioration tangible du quotidien.

Revenant sur les segments clés de la société béninoise, Romuald Wadagni a décliné ses engagements avec une attention particulière aux jeunes, aux femmes, aux agriculteurs et à la diaspora. Aux jeunes, il promet des opportunités locales structurées ; aux femmes, un accès renforcé au financement, à la propriété et aux responsabilités. Pour le monde agricole, le président a insisté sur la modernisation des outils de production et la transformation locale, avant de franchir un cap symbolique : « Nous construirons une protection sociale agricole, parce qu’une nation qui respecte celle et ceux qui la nourrissent est une nation qui se respecte elle-même. »

En direction de la diaspora et des descendants de la traite négrière, le ton se veut plus mémoriel et inclusif : « Le pays que nous bâtissons est aussi le vôtre », a-t-il affirmé, ajoutant que « Le Bénin sera toujours la maison de retour, notre porte demeure ouverte et notre mémoire fidèle. »

Sur le plan politique, le nouveau président a tenu à inscrire son action dans la continuité institutionnelle. Il a salué l’héritage de Patrice Talon, évoquant « le courage des décisions difficiles, la constance des bâtisseurs et la capacité rare à penser le Bénin dans le temps long ». Il a également cité les figures historiques du renouveau démocratique, notamment Nicéphore Soglo, Mathieu Kérékou et Boni Yayi, dans une logique de filiation politique assumée.

Sur le front sécuritaire, le ton s’est durci. Face à la montée de la menace terroriste dans le nord du pays et dans la sous-région, le chef de l’État a été catégorique : « Le Bénin ne cèdera ni à la peur ni au relâchement. L’État sera ferme face à tout ce qui menace notre cohésion et notre sécurité. » Il a annoncé la poursuite du renforcement des forces de défense, tout en soulignant l’importance du développement local comme réponse structurelle à l’insécurité.

Dans une région marquée par des tensions diplomatiques persistantes, il a tendu la main aux voisins du Bénin, estimant que « dans une sous-région confrontée aux périls terroristes, nous sommes condamnés à travailler ensemble », sans citation directe des États concernés, mais dans un esprit d’apaisement.

Enfin, Romuald Wadagni a replacé son action dans un cadre international fondé sur la stabilité et la coopération, affirmant que le Bénin restera « fidèle à ses engagements » et ouvert au monde. Il conclut son allocution sur une note personnelle et solennelle : « Je servirai le Bénin avec intégrité, avec courage et avec constance. Je servirai avec la conscience permanente que le pouvoir n’est jamais un privilège personnel. »