Arrestation de Kemi Seba : le MMLK réclame sa libération immédiate

L’arrestation du militant panafricaniste Stellio Gilles Robert Capo Chichi, plus connu sous le nom de Kemi Seba, continue de susciter de vives réactions à travers le continent. Depuis Lomé, le Mouvement Martin Luther King – La Voix des Sans Voix (MMLK) élève la voix et interpelle les autorités sud-africaines, l’Union africaine ainsi que l’ensemble des peuples africains pour exiger la libération immédiate de l’activiste et de son fils de 18 ans, détenus à Pretoria depuis le 13 avril 2026.
Dans un communiqué empreint de fermeté et de solidarité, l’organisation dirigée par le pasteur Edoh Komi affirme se tenir aux côtés du militant panafricaniste. « À sa famille, à ses proches, à ses camarades de lutte : vous n’êtes pas seuls. L’Afrique debout vous voit. L’Afrique digne vous soutient », peut-on lire dans la déclaration, qui insiste sur la dimension symbolique de cette arrestation dans un contexte continental marqué par les débats sur la souveraineté et l’émancipation politique.
Le MMLK rappelle également le rôle que Kemi Seba a joué dans l’émergence de certaines revendications panafricaines. Selon l’organisation, l’activiste a contribué à porter au cœur du débat public des questions longtemps marginalisées, notamment celle du franc CFA et de la souveraineté monétaire. Le communiqué souligne aussi son engagement en faveur du retrait des bases militaires étrangères du Sahel et son plaidoyer en direction de la jeunesse africaine sur les enjeux mémoriels liés à l’histoire du continent. « Emprisonner Kemi Seba, c’est emprisonner une voix qui dérange. Mais les voix qui dérangent sont souvent celles qui réveillent », affirme le mouvement.
Dans son message, le MMLK adresse également un rappel historique appuyé à l’Afrique du Sud, pays symbole de la lutte contre l’apartheid. L’organisation évoque l’arrestation de Nelson Mandela en 1962 pour « sortie illégale du territoire » et « incitation à la grève », rappelant que la mobilisation internationale avait alors contribué à faire triompher la cause de la liberté. Elle souligne par ailleurs que de nombreux pays africains avaient soutenu la lutte anti-apartheid en offrant asile et assistance aux militants sud-africains.
Arrestation de Kemi Seba : Niamey prendra-t-il ses distances ?
Dans cette perspective, le mouvement estime paradoxal qu’un Africain puisse aujourd’hui être emprisonné sur le continent pour des questions liées à son entrée sur le territoire. « Un Africain en prison en Afrique pour avoir franchi une frontière tracée à Berlin en 1884 : c’est l’apartheid qui revient par la petite porte. Celle des papiers », souligne le communiqué.
Au nom de la Charte de l’Union africaine et des principes défendus par l’Agenda 2063, le MMLK réclame trois mesures : « la libération immédiate et sans condition de Kemi Seba et de son fils Khonsou Seba Capo Chichi », « l’abandon des poursuites pour séjour irrégulier » et « la garantie de leur intégrité physique et morale durant toute la procédure ».
Enfin, l’organisation appelle Pretoria à ne pas céder aux pressions politiques liées au mandat d’arrêt international émis par les autorités béninoises contre l’activiste. Pour le MMLK, cette affaire relève d’un différend politique entre un opposant et son gouvernement. « L’Afrique du Sud, terre d’asile de tous les combattants de liberté, ne peut pas devenir le bras armé d’une répression politique », prévient le mouvement.
Le communiqué rappelle une maxime chargée de sens : « Un peuple sans mémoire est un navire sans boussole ». Par ce message, le MMLK entend replacer l’affaire Kemi Seba dans une réflexion plus large sur la solidarité africaine, la mémoire des luttes et la liberté d’expression sur le continent












