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Jean Kissi alerte : “l’opposition doit changer de logiciel”

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Dans une prise de position au ton particulièrement incisif, Jean Kissi, ancien cadre du Comité d’action pour le renouveau (CAR), invite l’opposition togolaise à une refonte en profondeur de ses méthodes et de sa vision politique. Pour lui, les schémas actuels, fondés sur une logique de rupture frontale avec le pouvoir, sont devenus obsolètes et contre-productifs.

L’ancien responsable politique ne mâche pas ses mots lorsqu’il évoque la stratégie dominante de conquête du pouvoir. À ses yeux, l’idée de remplacer purement et simplement les dirigeants actuels sans préparation institutionnelle solide relève d’une illusion dangereuse. « Si nous considérons que nous devons renverser totalement ceux qui sont actuellement là pour que nous nous installions, nous avons raté. Non seulement nous aurons des difficultés à manager, mais nous risquons même d’être dégagés trois mois seulement après », a-t-il averti, soulignant ainsi les fragilités structurelles d’une telle approche.

Dans cette perspective, Jean Kissi plaide pour une mutation stratégique majeure : abandonner la confrontation systématique au profit d’une culture de négociation politique encadrée. Il évoque ainsi la nécessité d’un dialogue structuré avec le pouvoir en place, reposant sur des bases clairement définies par les différentes parties prenantes, notamment la question d’une amnistie générale. Une démarche qu’il présente comme un préalable à toute évolution politique durable.

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Mais cette ouverture suppose, selon lui, une condition essentielle : la construction d’une opposition véritablement unifiée et crédible. Or, c’est précisément là que réside le principal blocage. L’opposition togolaise, fragmentée et parfois incohérente, peine à incarner une force politique capable de peser dans les discussions nationales.

Jean Kissi dresse ainsi un constat sans détour sur cette faiblesse organisationnelle. « Le pouvoir se demande avec qui il va discuter, vu que face à lui il ne retrouve que des trucs bringuebalants », a-t-il lancé, traduisant une perception d’éparpillement et de manque de structuration au sein des forces opposées.

En filigrane, son message est clair : avant de prétendre à l’alternance, l’opposition doit d’abord se reconstruire, s’unifier et repenser ses fondements stratégiques. Sans ce travail de fond, avertit-il, toute ambition de changement politique risque de rester théorique, voire illusoire, face à un pouvoir mieux structuré et plus cohérent.