Togo : Jean Kissi fustige l’exclusion de l’opposition aux célébrations du 27 avril

Dans un climat politique qu’il juge de plus en plus verrouillé, Jean Kissi, ancien cadre du Comité d’action pour le renouveau (CAR) et figure engagée du Front « Touche pas à ma Constitution », élève la voix contre ce qu’il considère comme une mise à l’écart systématique de l’opposition dans les grandes séquences républicaines. Lundi, il a vivement réagi à l’absence des forces politiques d’opposition aux commémorations de l’indépendance du Togo aux côtés du pouvoir en place, tout en critiquant l’élévation du Président de la République Jean-Lucien Savi de Tové à la Dignité de Grand-Croix de l’Ordre du Mono.
Dans son analyse, l’opposant voit dans cette configuration institutionnelle une rupture avec l’esprit d’unité nationale censé caractériser une telle célébration. Il estime que l’événement aurait dû transcender les clivages politiques pour rassembler toutes les sensibilités autour du symbole de la souveraineté nationale.
« Dans les autres pays, toutes les forces politiques se réunissent pour fêter leur indépendance. Il n’y a plus de division parce que tout le monde se sent dans la République, personne n’est opprimée, on ne violente personne, les biens du pays appartiennent à tout le monde qui a le droit à ce qui est national. Ce qui n’est pas fait chez nous », a-t-il relevé.
Au-delà de cette absence de consensus, Jean Kissi va plus loin en dénonçant ce qu’il qualifie de dérive institutionnelle et politique. Selon lui, les festivités nationales seraient désormais organisées de manière unilatérale, sans réelle inclusion des autres forces vives du pays, accentuant ainsi une fracture politique persistante.
Dans la même dynamique critique, le responsable du Front « Touche pas à ma Constitution » pointe également la « confiscation de l’indépendance » par le régime en place, ainsi que la violation de la Constitution contestée du 6 mai 2024, qu’il considère comme un tournant préoccupant dans la gouvernance du pays.
Pour lui, cette situation traduit une appropriation symbolique et politique des institutions nationales, au détriment d’une République véritablement inclusive et partagée.














